Le patriotisme économique est bon pour votre portefeuille boursier

Montebourg-patriotisme-economiqueLe patriotisme économique, un terme martelé sans relâche par le Ministre de l’économie sortant Arnaud Montebourg, allant jusqu’à payer de sa personne. Ce courant de pensée est une doctrine évoluée de ce que fut le Colbertisme, il induit une forte mobilisation conjointe de l’État, des collectivités locales et des entreprises afin de protéger, développer ou renforcer la compétitivité de celles évoluant dans des secteurs stratégiques. Le regain d’intérêt dans des politiques de protectionnisme larvé trouve sa définition dans le contexte actuel de mondialisation et de concurrence effrénée. Ainsi le patriotisme économique s’articule autour de deux volets, l’un défensif, balisant les secteurs stratégiques à protéger, l’autre offensif, listant les moyens à mettre en œuvre pour accompagner les sociétés française évoluant dans secteurs identifiés comme stratégiques. Voyons ensemble quels sont ses enjeux et pourquoi le patriotisme économique est bon pour votre portefeuille boursier ? Mais avant cela petit historique de cette politique jugées par ses détracteurs comme anachronique et archaïque à l’heure de la globalisation et de la financiarisation du monde.

Patriotisme économique ou protectionnisme déguisé ?

protectionnismeDifficile de faire la part des choses entre patriotisme économique et protectionnisme déguisé ou assumé, tant la frontière est ténue. L’objectif étant de favoriser un comportement patriotique aussi bien auprès des consommateurs en les poussant à préférer des produits Français, mais aussi au niveau des pouvoirs publics s’engageant à soutenir les entreprises nationales au détriment des étrangères, on parle alors d’intelligence économique. Que ce soit par le biais de la promotion d’un savoir-faire, ou en stimulant l’économie du pays, en débloquant des fonds par exemple pour la recherche et le développement. Dès lors que l’on touche au volet défensif de cette politique de préférence nationale pour les entreprises, le protectionnisme n’est pas très loin. Notamment lorsque l’accès au capital d’une société est restreint aux investisseurs étrangers lors des opérations d’offre publique d’achat. On se souviendra en 2005 des rumeurs d’OPA sur le fleuron de l’agro-alimentaire Français Danone par le géant américain Pepsi, c’est Dominique de Villepin qui demanda au peuple de l’Hexagone de se mobilier en faisant vibrer la corde du patriotisme économique.

Les USA champions incontestés du patriotisme économique

imagesDe l’autre côté de l’Atlantique peu de complexes lorsqu’il s’agit de favoriser l’économie nationale, déjà en 1975 les États-Unis ont mis en place les outils nécessaires pour institutionnaliser l’intelligence économique avec le (CFIUS) Committee on Foreign Investment in the United States. En 1993 c’est la naissance de l’Advocacy Center qui permet le soutien de l’État au bénéfice des firmes américaines. Les révélations d’Edward Snowden sur le progamme PRISM ont confirmé que tous les moyens sont bons au pays de l’Oncle Sam pour donner un avantage compétitif à ses acteurs économiques, avec les écoutes de la NSA et du réseau Échelon. En France, la démarche de patriotisme économique s’exprime de façon plus timide, via le soutien à l’activité des territoires, aux pôles de compétitivité, et à l’innovation de manière plus générale.

L’exemple Danone, Alstom et G.E, quelles sont les opportunités à venir ?

320757-l-ambassadeur-us-approuve-le-patriotisme-economiqueDepuis l’alerte de l’été 2005 avec Danone, le gouvernement a identifié une dizaine de secteurs stratégiques ou « sensibles » à protéger. Les activités ayant trait à la défense, à l’armement, à la sécurité des systèmes d’information, mais aussi les biotechnologies, la production d’antidotes, ou les technologies duales. Plus près de nous on se souviendra de l’épisode du rachat d’Alstom par General Electric, un long feuilleton durant lequel l’état Français a utilisé l’arme du Décret pour peser de tout son poids dans cette opération. Ce qui nous amène à nous pencher sur la question qui m’a poussée à écrire cet article, comment profiter du patriotisme économique dans vos placements boursiers. Intéressez-vous en priorité aux entreprises évoluant dans les secteurs stratégiques mentionnés plus haut, d’autant plus en cette période de liquidités abondantes. En effet la plupart des fonds empruntés par les grosses capitalisations boursières sont utilisés pour racheter leurs titres ou faire de la croissance externe grâce aux fusions acquisitions, de belles opportunités sont à saisir. Notamment pour les sociétés Françaises qui voient un excellent moyen de faire de la marge en réduisant leur exposition fiscale. Tout simplement par un déménagement sous des cieux plus cléments de leurs sièges sociaux à la faveur de ces opérations. Ce qui pour l’actionnaire signifie à court terme une hausse substantielle des dividendes reversés.


Nicolas Doze: Décret sur le patriotisme… par BFMBUSINESS

Conclusion

L’un des défis du patriotisme économique 2.0 en France sera de favoriser la convergence d’intérêts entre les sphères publiques et privées amenées à cohabiter dans un dispositif d’intelligence économique équilibré. Il en va de l’attractivité de la France, car le protectionnisme est une épée à double tranchant, car à trop vouloir protéger les sociétés Françaises, les investisseurs étrangers pourraient bien s’en détourner au profit d’autres pays plus ouverts à la finance mondiale donc plus attractifs.

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