Goldman Sachs, comprendre les effets d’une baisse de l’euro

mario-draghi-bce-qeL’euro ne cesse de s’affaiblir progressivement face au dollar depuis environ 10 mois. En cause : la volonté de la BCE d’affaiblir la monnaie unique par le « quantitative easing ». Le quantitative easing déclenché par la BCE a engendré une chute spectaculaire de l’euro au point qu’il rejoigne le dollar plus vite que prévu. La Banque centrale européenne a engagé une vaste politique accommodante qui repose sur le rachat de titres, sur l’acquisition de dettes publiques obligataires et sur l’injection de liquidités dans l’économie afin de tabler sur le principe des vases communicants par verticalité : trickle down. Concrètement, le volume du quantitative easing est d’environ 60 milliards de d’euros par mois et atteindra jusqu’à 1.100 milliards d’ici le mois de septembre 2016.Je vous propose quelques éléments de réponse dans cet article intitulé Goldman Sachs, comprendre les effets d’une baisse de l’euro

L’impact du Q.E de la BCE sur la monnaie unique

goldman-sachs-546x291Certains analystes ont pour hypothèse que le QE pourrait se prolonger au-delà de 2016 et qu’il pourrait aller jusqu’en 2018. Pour Goldman Sachs aussi, ce mouvement de fond devrait se poursuivre bien au-delà du niveau actuel. En septembre dernier, la célèbre banque américaine avait annoncé une parité de 0,95 USD pour 1 EUR à un horizon de 12 mois, et de 0,85 USD pour 1 EUR à la fin de l’année 2016 alors que l’euro s’échangeait encore contre 1,30 dollars en 2012. Cette prévision n’avait pas laissé indifférent, une telle baisse de la monnaie unique jugée hautement improbable alors que l’euro n’était pas repassé sous les 1,20 USD depuis près de 10 ans. Goldman Sachs, qui avait déjà revu à la baisse ses prévisions en janvier dernier, a remis à jour ses objectifs il y a quelques jours. La banque américaine prévoit ainsi une lente poursuite de la dévalorisation de l’euro, qui atteindrait la parité de 0,80 USD pour 1 EUR à l’horizon 2017, revenant ainsi globalement à son plus bas historique d’octobre 2000 à 0,82 USD pour 1 EUR.

La dévalorisation de l’euro est plus brutale que prévu

parite-euro-dollarQuoi qu’il en soit, la baisse de l’euro ( l’euro s’échangeant contre 1,08 dollars) plus rapide que prévu aurait à la fois des aspects positifs et négatifs : positifs tout d’abord pour doper les exportations européennes, et donc améliorer les résultats des entreprises concernées qui pourront, à terme, davantage investir et embaucher. Négatifs, en revanche, pour l’impact sur le prix des produits importés, ce qui pourrait réduire marginalement la consommation des ménages. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, va jusqu’à affirmer dans un entretien accordé « aux Échos » que le « bon taux de change entre l’euro et le dollar est probablement celui de la parité ». Autrement dit, un dollar vaudrait un euro. C’est vrai pour des entreprises comme Airbus et celles dépendant de la grande exportation avantagées avec un euro plus faible. En revanche, de nombreuses entreprises françaises doivent d’abord importer avant de fabriquer leurs produits. Les importations en France ont augmenté de 27 % entre 1990 et 2012. La baisse de l’euro pèse à la hausse sur les importations requises à la fabrication de produits made in France, un montant qui s’élevait à 530 milliards en 2013, soit 25% du PIB. De plus en plus d’analystes envisagent un rebond des cours du pétrole avant 18 mois ce qui alourdirait la facture énergétique des ménages comme des entreprises.

Les risques d’une perte de confiance dans la monnaie unique

jante-yellen-fedFace à une remontée du dollar l’euro est de moins en moins prisé comme monnaie d’échange, il est donc logique que le montant des opérations commerciales libellées en euros se contractent. Les échanges internationaux sont estimés aujourd’hui à 26 % contre 31 % en 2010. Confirmant que l’euro reste un moyen de paiement dans l’Union Européenne, mais suscite la méfiance des acteurs étrangers hors zone euro. Comme en atteste la décision de la BNS (Banque Nationale Suisse) d’abandonner son taux plancher. Si la Fed se décidait à remonter les taux américains pour compléter son Tapering la spéculation anti-euro pourrait être très violente puisqu’une monnaie affaiblie peine à séduire de nouveaux investisseurs.

Conclusion

L’impact des politiques des banques centrales touche désormais le marché des changes, signant une nouvelle étape de la guerre monétaire, avec le retour de la volatilité. Les investisseurs européens ont tout intérêt à placer leurs liquidités sur les marchés de New York ou de Chicago. Une monnaie se fonde sur des paramètres objectifs de détermination, mais aussi sur la délicate notion de confiance. Une confiance fortement ébranlée ces derniers temps qui font que l’euro par rapport au dollar est dans une tendance baissière de fond pour un bon moment.

 

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