Quand va-t-on enfin dévaluer l’euro !

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La question de l’euro, de sa dévaluation ou encore de la sortie de la monnaie unique est plus que jamais a l’ordre du jour. La question d’un possible problème inhérent à l’euro est de moins en moins tabou, et des scénarios sont désormais envisagés par de nombreux économistes militants pour une sortie de la monnaie commune européenne. Qu’en est-il vraiment des avantages et des inconvénients d’une dévaluation de l’euro, voici quelques éléments de réponse.

L’avenir de la monnaie unique au cœur des élections européennes

la-bce-qeLe ministre des finances Michel sapin déclarait récemment au micro d’Europe 1 qu’un euro fort est une gêne pour la France et pour l’ensemble des pays périphériques (Portugal Italie Espagne Grèce), tandis que le ministre du redressement industriel M. Arnaud de Montebourg à sa propre idée sur la question. Un discours à l’unisson avec celui du premier ministre Manuel Valls soulignant lui aussi le poids de l’euro fort sur la croissance, lors de son discours de politique générale. Le président de la BCE Mario Draghi s’est déclaré, il y a quelque temps favorable à une action monétaire proche de celle conduite par la réserve fédérale américaine et la banque du Japon. Ce qui a eu pour effet immédiat de rassurer les investisseurs, mais aussi de provoquer une petite flambée sur le cours de l’euro le propulsant aux alentours de 1,39 dollars. Depuis les propos du gouverneur central de la banque centrale européenne ont été nuancés quant à la possibilité de mettre en place un quantitative easing à l’européenne, la monnaie unique gravitant depuis dans un gap compris 1,38 $ et 1,39 $. L’économiste Marc Touati réputé pour la qualité de ces analyses ainsi que son collègue Jacques Sapir estiment qu’une appréciation de 10 % de l’euro fait perdre 0,5 point de Pib à l’économie française.

La dévaluation, austérité : déshabiller Paul pour habiller Jacques ?

devaluer euroLorsque l’on sait que l’économie française se dépêtre dans une croissance molle, il est légitime de se demander quand va-t-on enfin dévaluer l’euro. Une dévaluation de l’euro permettrait de retrouver un peu de dynamisme économique en dopant les exportations hors zone euro. Les hypothèses évoquées dans les « think tank » faisant du lobbying pour la dévaluation estiment que la France pourrait retrouver une croissance de un à 1,5 % en dévaluant l’euro d’une valeur de 20 à 30 %. Les économistes estimant taux de croissance minimum de 1,5 % permettraient de lutter contre le chômage en générant de nouveaux emplois en France. Les avantages d’une dévaluation de l’euro permettent de créer donc de nouveaux emplois en améliorant la compétitivité des exportations qui représentent dans l’Hexagone 10 % du PIB. L’autre côté de la médaille d’une dévaluation c’est la perte de pouvoir d’achat induite par la hausse du prix des biens d’importation, le montant des importations en France en 2012 était de 12 % du PIB, ce qui représenterait une hausse des prix compris entre 2,4 et 3,6 %. L’autre effet pervers d’une dévaluation c’est la raréfaction des investisseurs qui mènent inévitablement à une hausse des taux d’intérêt aussi bien pour les entreprises que pour l’État.

Seules les entreprises exportant hors zone euro bénéficieront d’une dévaluation

Le débat autour de la dévaluation de l’euro pose donc la question de la méthode la plus efficace pour lutter contre le chômage dans les pays du sud de l’Europe et en France qui sont les plus touchés. Ainsi, le camp contre une dévaluation de l’euro estime que ce n’est pas la solution optimale pour atteindre les objectifs d'emploi des populations européennes, et de lutte contre la déflation qui menace dans certains pays de l’Euroland. Pour eux la solution vient d’ailleurs, partant du constat que le travail est trop lourdement taxé en France à hauteur de 59,6 % de la valeur ajoutée soient environ 53,4 % du PIB. Avec une baisse des charges de 3,6 % (comprendre T.V.A Sociale) sur les seules entreprises exportatrices contribuant à hauteur de 10 % du PIB. Les économies atteindraient près de 74 milliards d’euros rapportés aux 200 milliards d’entrées fiscales, vous arrivez à 36 %. Un chiffre proche des 30% évoqué dans les divers scénarios de dévaluation de la monnaie unique. C’est le principal argument avancé pour le camp prônant des politiques d’austérité accompagnées de réformes structurelles afin de baisser les dépenses de l’État, et ainsi financer la compétitivité des exportateurs français.

En conclusion,

billet-delacroixLes deux méthodes visent le même objectif, à savoir traiter les risques de déflation qui pèsent sur la zone euro, le chômage structurel et le manque de compétitivité des nations du Sud, ainsi que leur endettement massif. Bien que les sirènes de la dévaluation soient séduisantes, la monnaie unique apporte par sa stabilité et sa force de nombreux avantages, même si tout est loin d’être parfait, néanmoins une sortie précipitée de l’euro, avec un retour au nouvel ancien Franc, pourrait se révéler être bien plus destructeur d'emplois, surtout si les réformes de l’État sont pas menées sérieusement.

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