Risque sur la dette grecque, les étapes du défaut de paiement

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Risque sur la dette grecqueLa fin de cette semaine risque d’être décisive en ce qui concerne le dossier de la dette souveraine de la Grèce, alors que celle-ci doit effectuer un remboursement au FMI de1.6 milliard d’euros ici la fin du mois de juin. En cas de non remboursement de cette échéance, les agences de notation n’auront d’autre choix que de dégrader quelques semaines plus tard la note des Bons du Trésor Grecs. Les fonds de pension et d’investissement obligataires n’auront alors d’autre choix que de se détourner encore un peu plus de la dette émise par l’État Grec. Les négociations sont donc extrêmement tendues entre l’Eurogroup constitué de la commission européenne, le fonds monétaire international et les représentants de l’État grec. À tel point que le premier ministre grec et le président de la commission européenne ne se parlent quasiment plus. Dans cet article intitulé Risque sur la dette grecque, les étapes du défaut de paiement, je vous propose d’en découvrir les étapes clés.

Défaut de paiement ou faillite d’un état ?

Pour être précis, le risque de faillite comme cela peut être le cas pour une entreprise, n’existe pas pour un État, l’on parle plutôt de défaut de paiement comme c’est le cas pour la Grèce actuellement. En effet lorsqu’un pays est privé de l’accès aux marchés financiers afin de se refinancer à court, moyen et long terme. Notamment, pour payer les retraites et les salaires des fonctionnaires, tout en assurant le paiement des intérêts des dettes contractées auprès de ses créanciers internationaux. En l’espace de cinq mois de négociations ayant vu une fuite des capitaux de près de 30 % du produit intérieur brut grec les banques grecques sont devenues exsangues. D’autant, l’amoncellement de menaces d’une faillite ayant provoqué une panique bancaire, tout le monde décidant de retirer des euros craignant l’institution d’une nouvelle monnaie dévaluée. C’est la raison pour laquelle afin de fournir les liquidités nécessaires au secteur bancaire, La BCE utilise pour cela une procédure d’urgence, dite ELA (Emergency Liquidity Assistance), en français Procédures relatives à la fourniture de liquidité d’urgence. Grâce à ELA, la banque centrale européenne peut prêter à la Banque de Grèce chaque mois un montant maximum, en échange de garanties, de la dette publique grecque par exemple. Elle est autonome dans la décision des montants qu’elle prête et quelles garanties elle accepte, elle peut aussi refuser de temps à autre les obligations grecques. En cas de décision de la BCE de mettre un terme aux prêts ELA, les banques grecques seront en faillite, et le gouvernement n’aura alors d’autre choix que d’imprimer sa propre monnaie.

Un contrôle des capitaux et une monnaie parallèle à l’euro

contrôle des capitauxAvant la mise en place de sa propre monnaie, l’état devra mettre en place une politique de contrôle de capitaux. À condition, toutefois, que la chute des dépôts ait pu être enrayée. Pour la Banque de Grèce l’impossibilité de compenser la fuite des capitaux par les financements exceptionnels de la BCE, l’alternative viendra du gouvernement grec qui devra décréter le contrôle des capitaux, comme l’a fait Chypre il n’y a pas si longtemps. Concrètement, les retraits en liquide aux distributeurs seraient fortement restreints, voire totalement prohibés, tout comme les virements vers l’international au-delà d’une certaine somme. Les seules transactions autorisées vers l’étranger qui seraient épargnées concerneraient le financement des importations. De facto, la monnaie unique européenne n’aurait alors plus la même valeur en Grèce que dans les autres pays membres de la zone. Pour régler les prestations sociales des citoyens grecs, l’État en défaut devra émettre une monnaie parallèle afin de combler le manque d’euros à l’intérieur du pays. Une monnaie différente puisque celle-ci serait en réalité une simple reconnaissance de dette acceptée en paiement des impôts. Un comble lorsque l’on connaît la faiblesse structurelle de l’État grec ayant énormément de mal à collecter l’impôt. Le marché de l’offre et de la demande reprendrait immédiatement avec la mise en place d’un marché noir sur lequel ses reconnaissances de dette en papier seraient changées contre des euros sonnants et trébuchants.

Conclusion

La situation grecque semble inextricable, toutefois si de nombreux faits penchent pour un scénario menant à un défaut de paiement de la Grèce, il est encore possible que cette situation perdure encore quelques mois. Toutefois l’on oublie que les défauts souverains sont bien fréquents dans l’histoire. En effet c’est un processus naturel en économie, consistant à restructurer les dettes impossibles à rembourser pour repartir sur de nouvelles bases plus saines.

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2 Comments
  1. Alain

    17 juin 2015 at 20 h 57 min

    Je ne pense pas que l’europe laisse tomber la Grèce,vu le risque politique, meme si je pense que personne n’est dupe coté finance, et que le FMI et la CE savent que la dette ne sera jamais remboursée

  2. Patrick

    17 juin 2015 at 21 h 02 min

    Le temps est venu d’encaisser ses pertes, en tant que trader c’est l’un des aspect le plus important du Money Management, ne pas laisser courrir indéfiniment des pertes qui vont s’alourdir inexorablement

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