Reconduction de Henri Proglio : faut-il acheter EDF ?

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edf-etat-pourrait-reconduire-proglio-jusquen-2017La reconduction de Henri Proglio à la tête d’EDF jusqu’en 2017 semble se préciser, alors que les craintes d’une crise possible dans la direction du groupe grandissent, notamment sur le dossier épineux de la transition énergétique. Une réunion du conseil d’EDF doit se réunir lundi 29 septembre pour examiner et valider la liste des administrateurs, celle-ci sera ensuite soumise le 14 Novembre prochain au vote de l’assemblée générale des actionnaires pour la nomination. Nul ne peut croire que le nom d’Henri Proglio ne puisse figurer sur cette liste, dès lors le PDG actuel pourrait être reconduit pour un peu moins de trois ans ce qui lui fera 8 ans de service car son âge atteindrait fin juin 2017 la limite d’âge de 68 ans gravée dans les statuts d’EDF. C’est le scénario qui semble avoir le vent en poupe, même si au final c’est au président de la République que revient le dernier mot. Certaines sources proches du dossier estiment par ailleurs que François Hollande ne semble pas pressé, en effet il semblerait que celui-ci veuille préserver la stabilité du groupe afin de mener dans la sérénité et la stabilité l’épineux dossier de la transition énergétique. À ce titre EDF est une entreprise qui est au cœur de la loi sur la transition énergétique, alors que son examen vient de débuter en commission à l’Assemblée nationale. Dans cet article je vous propose de découvrir qui est le patron d’EDF et si ce confirmait la reconduction de Henri Proglio : faut-il acheter EDF ?

Quel est le bilan à la tête d’EDF pour Henry Proglio

edf-chiffresLe profil de ce personnage jugé clivant le définit comme proche de l’ancienne majorité, avec un franc parler qui ne plait guère au pouvoir en place, celui-ci n’est pas issu de la haute fonction publique, d’aucuns ne le catalogue comme un courtisan. Dès lors il est difficile de lui forcer la main pour aller dans le sens de la politique politicienne au détriment des résultats d’EDF. Son bilan parle pour lui grâce aux nombreuses décisions prises à son arrivée en 2009, avec la réduction à l’exposition du groupe à des marchés risqués – en le faisant sortir d’Allemagne et du nucléaire américain, celui-ci a posé des jalons dans des pays clés tels que l’Italie et le Royaume-Uni, et a réduit son endettement. EDF ayant enregistré un résultat net part du groupe de 3,5 milliards d’euros (+7,4%) en 2013, exercice au titre duquel il a versé près de 2 milliards de dividende à l’État, son premier actionnaire avec 84,5% du capital. Reste que son franc-parler et ses rapports avec l’État, qu’il a lui-même qualifiés de « virils donc normaux », ont rendu la position d’Henri Proglio délicate après l’élection de François Hollande. La décision de reconduire ou de remplacer Henri Proglio revenant à François Hollande, et à lui seul, pourrait aussi répondre à une logique avant tout politique que le chef de l’État n’aura pas à justifier.

Politique et économie ne font pas toujours bon ménage

entreprise-etat-edfComme nous venons de le voir, les résultats d’EDF version Henry Proglio sont positifs, il a su remettre à flot les comptes de la société, grâce à sa vision il a su se désengager des marchés à risques, et poser les bases d’une croissance future pour le groupe. Vu les défis et les enjeux auxquels EDF doit faire face, la question d’un changement de la tête de la direction ne se pose pas fondamentalement. Et ce d’autant plus que M. Proglio a fait étalage de sa vista en termes de stratégie et on peut lui donner le crédit d’un assainissement notable du bilan du groupe. Malgré tout son caractère bien trempé, et son indépendance revendiquée vis-à-vis du pouvoir pourrait faire de lui une victime de manœuvres politiques. Pour nous les investisseurs, nous devons prendre en compte ces jeux politiques dans une entreprise contrôlée à près de 85% par l’état. Je reste pour ma part relativement optimiste pour la performance du titre EDF à moyen long terme, pour les raisons évoquées plus haut.

Henri Proglio, PDG d’EDF : « Nous allons… par rtl-fr

Conclusions

logo-edfOn peut accorder le mérite à Henry Proglio, d’avoir stoppé l’hémorragie du titre EDF en Janvier 2013 avec un plus bas à 13.66 euros, depuis les cours sont inscrits dans une dynamique ascendante. Une simple analyse technique permet de le démontrer, en effet le titre se négocie actuellement aux environs de 25.75 euros, de nombreuses sources proches du dossier semblent penser que l’on se dirige vers un choix privilégiant la stabilité, plutôt que la révolution de palais guidée par des obscurs choix politiques. Alors que se profile à l’horizon un changement de direction dans les autres grandes sociétés de l’énergie, comme Areva et GDF.

 

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4 Comments
  1. philippe

    26 septembre 2014 at 18 h 52 min

    EDF reste un bon investissement à moyen et long terme, malgré la fâcheuse tendance des politiques a se mêler de ce qui ne les regarde pas, pas étonnant que Henry Proglio ne soit pas en odeur de sainteté, vu qu’il ne fait pas partie du sérail. Les résultats parlent d’eux-mêmes il à su n’en déplaise à certain redresser une entreprise asphyxiée par la dette. Je prédit donc une hausse des cours si on le confirme a la tête d’EDF

  2. Patrick

    26 septembre 2014 at 18 h 57 min

    Les cours d’EDF sont bien orientés en ce moment, mais il faut pour comprendre le potentiel réel du titre, regarder les comptes et la part des investissement futurs. Bien que Proglio ait réduit l’exposition à certains marchés en perte de vitesse, ainsi que la dette, on peut se demander pourquoi EDF n’investi pas plus a l’instar de ses concurrents. La politique de réduction de dette vers un ratio de 2 prive l’entreprise publique de près de 15 milliards a injecter dans de nouveaux projets, synonymes de la croissance de demain.

  3. Alexandre

    26 septembre 2014 at 19 h 00 min

    C’est le bon moment pour se positionner sur EDF, la reconduction de Henry Proglio ne devrait être qu’une formalité, son profil devrait plaire au chef de l’exécutif Valls et son ministre de l’économie M. Macron, tandis que Mme Royal lui sera reconnaissante de n’avoir pas fait de remous lors du gel des tarifs de l’électricité. Tous les ingrédients sont en place pour la stabilité et la redéfinition de la stratégie EDF.

  4. Bernard

    26 septembre 2014 at 19 h 23 min

    Par principe je me méfie toujours des entreprises publiques, et plus encore lorsque l’État détient une part majoritaire du capital. Pour EDF c’est un peu différent car ces dernières années du quinquennat Proglio, force est de constater qu’il a pris les décision qui s’imposaient en fonctions de l’intérêt de l’entreprise, ce que les marchés ont semble t-il apprécié.

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