Quid du découplage entre bourse et économie réelle

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Quid du découplage entre bourse et économie réelleLe terme de découplage ou déconnexion entre marchés boursiers et économie réelle revient régulièrement dans la bouche des analystes et autres experts qui défilent sur les plateaux TV, ou s’exprimant dans les colonnes des journaux spécialisés, ou sur leurs blogs et dans les réseaux sociaux. Aujourd’hui certains de ces experts avertissent sur le risque d’un Sell-off sur les marchés obligataires, les autres prédisent un vent de panique sur les actions. Tandis que d’autres encore pensent que le découplage n’aura pas lieu, car le marché a changé de nature et que désormais le couple « liquidité + taux nul » est le seul sous-jacent qui compte. Ce raisonnement s’appuie sur le fait que la crise de 2008 s’est appuyée sur le sous-jacent des crédits hypothécaires pourris.  Et que ce qui a causé la hausse de tous les actifs boursiers, c’est l’abondance de cash et les politiques de taux d’intérêt zéro voir négatif. Je vous propose de faire la lumière sur l’existence ou non d’un lien entre les actifs financiers et l’économie réelle dans cet article intitulé;  » Quid du découplage entre bourse et économie réelle. »

Dichotomie entre secteur financier et économie réelle

globalisationLes banques commerciales à travers la finance de marché et les bourses ont pour rôle de soutenir l’activité économique, en accompagnant les entrepreneurs dans leur croissance, en leur fournissant des crédits. On estime que dans les économies développées la croissance du PIB repose aux deux tiers sur la consommation, le tiers restant étant fourni par l’investissement dans l’économie réelle. Dans ce modèle économique, les sociétés se livrent une concurrence féroce pour les ventes disponibles, ce qui fait que la valeur totale des entreprises représentées par le CAC 40 augmente avec le reste de l’économie donc du PIB. Aux États-Unis la valeur des actions durant les 30 dernières années a grimpé plus vite que le PIB. Tandis que le Dow Jones a été multiplié par 18, le PIB américain ne l’a été que de 3,5 fois. Les chiffres étonnants qui font dire à de nombreux analystes, que le découplage entre les marchés boursiers l’économie réelle a bien eu lieu. Ceux qui battent en brèche cette théorie avancent, que la hausse des marchés a été achetée à crédit et que désormais le moment de Minsky guette le système.

Hausse des taux, le marché testé d’ici la fin de l’année 2015.

argent_piegeLes économistes chantres de l’orthodoxie financière estiment qu’aujourd’hui il faut se baser sur le discours des institutions monétaires, plutôt que le suivi de l’économie réelle, des fondamentaux ou de la macroéconomie. Pour ainsi dire, c’est le discours qui produit le niveau de valorisation des actifs financiers, ainsi que les quantités astronomiques de liquidités versées dans le système financier mondial. En effet ceux-ci avancent que lorsque l’on déverse de grandes quantités dans le système financier à maturité zéro, il est inévitable que ces torrents de cash partent à la recherche de rendement. Ce qui mécaniquement pousse les investisseurs à monter dans l’échelle du risque, temps que les banques centrales ne modifient pas leurs discours et leurs politiques, en enclenchant une normalisation via la réduction de leurs assouplissements quantitatifs, et la hausse de taux. La banque centrale américaine, par la voix de sa présidente Janet Yellen a prévenu les marchés qu’il fallait désormais non plus réfléchir à la possibilité ou non du hausse de taux, mais qu’il fallait plutôt se concentrer sur le niveau de hausse.

Vers un retournement de tendance fondamentale

Epargne-Monnaie-Economie-Argent-Pieces-314x175Plutôt que de parler de découplage de déconnexion de l’économie réelle avec les marchés financiers, il peut être intéressant de sortir des sentiers battus en essayant de comprendre si les récents soubresauts sur les marchés financiers constituent un retournement de tendance fondamentale, comme semble l’indiquer la multiplication des divergences au sein des marchés financiers. En effet les divergences qui sont un indicateur qu’il est difficile de manipuler, indique que l’appétit pour le risque est en train de faiblir. Désormais les gérants de fonds de pension, les traders en tout genre n’achètent plus les yeux fermés, les hausses se font au cric, grâce à la camisole algorithmique avec de très faibles volumes.

Conclusion

Il semblerait donc qu’un processus de retournement baissier est en train de s’enclencher, puisque l’on assiste désormais à des hausses désynchronisées. Ce qui indique probablement le retour de la sélectivité du stock picking sur les marchés actions, tandis que les obligations et fonds d’état ont confirmé qu’ils ont cessé de monter. Dès lors on peut s’attendre d’ici la fin de l’année à la rupture de l’uniformité, des corrélations, la multiplication des anomalies et l’élargissement des spreads.

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1 Commentaire
  1. julien

    25 juin 2015 at 19 h 07 min

    Trader sans tenir compte de la macroéconomie, c’est spéculer en aveugle, le retour au réel se fait toujours, ca s’appelle une crise

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