Pourquoi l’union bancaire va ralentir vos rendements

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Le quasi effondrement du système financier mondial après la chute de la banque américaine Lehman Brother’s le 15 septembre 2008, a fait prendre conscience dans le grand public et chez les dirigeants politiques du risque systémique des banques que l’on appelle désormais les « Too Big Too Fail » trop grosse pour tomber. L’Europe depuis a décidé de mettre en place un système permettant de recapitaliser les banques en difficulté, la fameuse union bancaire. Cet article a pour objectif de vous offrir un éclairage différent sur ce mécanisme de protection des contribuables comme aiment à le nommer les dirigeants européens, même si pour ma part j’estime qu’on ne peut pas vraiment protéger les clients et les contribuables européens des dérives bancaires, tant que les banques ne seront pas séparées en deux entités entre banques d’affaires et banques de dépôt.

union bancaire

Bien que ce mécanisme d’union bancaire soit imparfait, les politiques connaissent parfaitement les défaillances du projet d’union bancaire alors qu’il a été adopté par le conseil européen, et que les discussions se poursuivent à l’heure actuelle au sein du parlement européen. Plusieurs questions n’ont pas encore trouvé de réponse notamment en ce qui concerne la dotation du fonds, en effet nombreux sont à penser que sa taille est insuffisante, et soulignent le caractère complexe du processus, sans oublier le faible degré de mutualisation. Le seul élément qui semble faire l’unanimité avec l’union bancaire, et qu’il ne sera plus nécessaire de faire appel aux contribuables pour renflouer une banque sur le point de vaciller, c’est donc un changement de paradigme, où l’on passe du « Bail-out » ou « Bail-In ».


Accord sur l’Union bancaire européenne mais les… par euronews-fr

L’union bancaire peut-elle défendre les petits porteurs » ?

Avec l’union bancaire, l’appel systématique à la contribution de l’État ou à la solidarité des autres états membres de la zone euro ne sera dorénavant utilisé qu’en dernier recours après avoir épuisé toutes les autres solutions. Si l’on se souvient des premières déclarations lors des discussions sur la mise en place d’un système de secours des banques européennes, l’union bancaire devait permettre d’après le président de la république française François Hollande de ne plus demander aux contribuables d’aider les banques, ce qui est en réalité ambiguë puisque les banques seront sauvées directement par les déposants et non plus à travers les politiques d’austérité mise en place par les états. Pour ma part je ne prendrai pas le raccourci faisant de l’union bancaire un mécanisme pour protéger les petits porteurs, c’est-à-dire les comptes inférieurs à 100 000 € qui doivent être garantis.

Si l’on s’en réfère au texte ce ne sont que 5 % des comptes bancaires européens disposant de plus de 100 000 € qui seraient touchés. La mesure ne devrait donc impacter qu’une petite quantité de personnes aisées, laissant la justice, l’honneur et la morale sauves. En y regardant de plus près les choses sont un peu plus complexes, en effet les statuts de contribuables et déposants sont séparés artificiellement, alors que la plupart du temps citoyen sont les deux en même temps. Si c’est bel et bien à l’État d’apporter une garantie à 95 % des dépôts bancaires alors on peut estimer qu’en dernier lieu ce sera le contribuable qui servira de garantie. Ainsi les états n’auront d’autre choix que de déployer des mesures d’austérité et ainsi augmenter la taxation de leurs contribuables, une situation qui risque vite de devenir intenable d’autant plus qu’à la même période c’est-à-dire en 2018, le pacte budgétaire limitera les déficits structurels des états à 0,5 % du PIB.

Contribuable ou épargnant qui est réellement protégé ?

Sauf que, évidemment, la réalité est un peu différente. L’union bancaire, telle qu’elle est conçue fait en effet une distinction artificielle entre contribuable et déposant. En oubliant que le premier et le second se confondent souvent. Qui, en effet, paiera la garantie apportée à 95 % des dépôts bancaires ? Si c’est l’État qui assure cette garantie, ce sera évidemment le contribuable. L’État devra trouver des ressources nouvelles pour assurer ces dépôts et il ne les trouvera que dans des mesures d’austérité ou dans de nouvelles hausses d’impôts. D’autant – on ne doit jamais l’oublier – que cette union bancaire se déploiera en même temps que le « pacte budgétaire » qui, rappelons-le, interdit tout déficit structurel des administrations publiques supérieures à 0,5 % du PIB à partir de 2018.

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Conclusion

C’est l’un des paradoxes qu’il faudra trancher, car les conséquences pour l’économie d’une nation peuvent être dramatiques. Car sans même parler des actionnaires, les seuls déposants de plus de 100.000 euros appelés à la rescousse pour sauver les banques, fournissent aussi un soutien à l’économie. En effet il ne s’agit pas seulement de particuliers aisés, ou de multinationales, mais aussi de petites entreprises qui n’auront à terme plus les moyens ni d’investir et encore moins ni d'embaucher. Il est donc important essai de sauvegarder au maximum les intérêts non seulement des contribuables mais aussi ceux déposants et des entreprises. Il devient donc essentiel pour l’union bancaire d’identifier les banques finançant l’économie réelle de celle exposées dans les investissements à risque. La logique derrière est que l’épargnant qui se tourne vers le rendement plutôt que le soutien à l’économie de son pays devrait assumer la totalité du risque. Les effets d’une telle politique devraient donc permettre aux états de réduire leur exposition au risque bancaire par le refus d’une garantie des activités spéculatives des banques.

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