Pourquoi les marchés boursiers sont devenus binaires ?

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304903FinanciarisationQuel investisseur, débutant ou expérimenté, ne s’est pas un jour demandé pourquoi il n’avait pas acheté telle ou telle action avant que la valeur ne double ? Quel autre défend bec et ongle que son allocation d’actifs, malgré sa chute en Bourse, sera un jour payant ? Dans cet article intitulé Pourquoi les marchés boursiers sont devenus binaires ? Afin de comprendre les tenants et aboutissants de ces questions, et bien d’autres, il faut prendre en compte la dimension comportementale, cognitive ou émotionnelle, qui sont largement partagés. C’est afin de mieux comprendre ces phénomènes qu’est née la finance comportementale inventée par Kahneman et Smith. Des chercheurs ayant obtenu le prix Nobel d’économie en 2002, leur sujet d’étude était simple : analyser les comportements des investisseurs, mettre au jour les biais les plus fréquents et tenter de les modéliser pour les exploiter. Leurs travaux ont fait l’effet d’une bombe, alors que les marchés se reposaient sur le concept d’efficience des marchés ». Si les enseignements de cette finance comportementale ne permettent pas encore d’apporter la richesse éternelle, ils peuvent éviter de commettre bien des erreurs.

Les cours boursiers sont-ils influencés par les comportements moutonniers

tumblr_inline_mjra5yp7h61qz4rgpLes comportements moutonniers sont aussi courants : Les individus ne prennent pas leurs décisions avec toutes les informations nécessaires. Ils se rabattent sur des critères de sélection simplifiés et suivent les effets de mode, notamment en raison de la peur de se tromper ». C’est ainsi que les particuliers réinvestissent en Bourse, quand les actions ont déjà beaucoup monté… et juste avant qu’elles ne se remettent à baisser. Le « biais de représentativité » conduit lui à penser que les événements du passé récent vont se reproduire dans un futur proche et empêche de prendre une décision adaptée à la situation du moment. De la même manière, le « biais de familiarité » inciterait les investisseurs à miser dans les actions du supermarché où ils font leurs courses ou dans le fabricant de leur voiture, car ils surestiment leur potentiel de progression. Comme le dit fort justement l’adage : Sur les marchés financiers, il faut mieux avoir tort à cinquante que raison tout seul. C’est-à-dire que ce qui prime c’est d’anticiper le comportement des autres. En fait, il vaut mieux suivre tout mouvement haussier ou baisser. Si on reste à l’écart, on se retrouvera soit à acheter à des prix trop élevés ou au contraire à vendre à des prix trop bas.

Le rôle de la pensée dominante et médias grand public dans les bulles

Les MSM Média Main Stream, en français les médias traditionnels, ont la fâcheuse habitude de passer en boucle la même information concernant les marchés financiers. Il suffit d’écouter les analystes et experts financiers ayant pignon sur rue dans des médias tels que BFM-Business. La grande majorité répète à l’envie que le cours d’une action est corrélée en fonction des bénéfices de l’entreprise et de d’autres résultats. C’est la fameuse théorie de l’efficience des marchés, de leur rationalité. Ce point de vue sous-entend que les analystes financiers ont à leur disposition toute une gamme d’outils outils leur permettant de faire une analyse de la juste valeur des actions. Si dans la plupart des fonds d’investissement des salles de marchés des banques d’affaires cela fonctionne de cette manière, ceux-ci ne sont pas pour autant à l’abri des facteurs psychologiques. Et c’est justement les facteurs psychologiques qui sont à l’origine des bulles spéculatives. Le but du jeu est d’acheter bas pour revendre haut. Ainsi, ceux qui amassent le plus d’argent sur les marchés financiers, sont ceux qui se comportent comme des moutons en anticipant le comportement d’autrui et non ceux qui font de réelles analyses. Des traders se mettent ainsi à acheter des actions alors qu’ils savent pertinemment que leurs valeurs sont surévaluées.

L’introduction en bourse de Facebook ; un cas d’école

facebook-pansement-au-poucePour illustrer mon propos je vais prendre un exemple récent, celui de l’introduction en bourse du géant des réseaux sociaux Facebook. En effet depuis son introduction en mai 2012 a une valeur de 38 $ l’action, il n’aura fallu attendre qu’un peu plus d’un an pour que le titre dévisse de près de 50 %. En effet, le 22 juillet 2013 l’action Facebook valait à peine plus de 20 $, faisant du jeune Mark Zuckerberg et de sa direction financière un sujet de raillerie dans le microcosme de Wall Street. Inévitablement tous les experts et analystes reprirent en chœur la litanie selon laquelle le montant de l’introduction de l’action Facebook avait été trop optimiste, et que celui-ci ne reflétait absolument pas les résultats économiques du réseau social leader dans le monde. Expliquant à qui voulait l’entendre qu’il était logique que Facebook corrige fortement, sous l’impulsion d’un marché estimant que la valeur de départ était bien trop surélevée. Ironie du sort ce même mois de juillet 2013, la firme de Mark Zuckerberg publie alors ses résultats semestriels qui sont alors en forte progression. Le mécanisme moutonnier se met en place, et l’on assiste un rush sur l’action Facebook qui un trimestre plus tard passe à 50 $.

Conclusion

Aujourd’hui, la financiarisation de l’économie a imposé le concept d’efficience des marchés, balayant les principes séculaires de prudence lors de l’investissement boursier. Aujourd’hui nous sommes entrés dans un nouveau paradigme qui veut que les titres financiers ne sont plus valorisés à la valeur historique du cout d’achat mais à la valeur de marché à l’instant T. Comme je viens de vous le montrer avec l’exemple Facebook, les actions des entreprises sont souvent surcotées ou sous cotés en raison des comportements moutonniers. Prendre davantage en compte la valeur au cout historique permettrait de repartir sur des bases plus saines, plus sûres et donc plus proches de la réalité.

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