Pourquoi le marché obligataire perd sa liquidité ?

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Un marché sur lesquels peu de personnes parlent : le marché obligataire.

Qu’est-ce qu’une obligation ?

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Une obligation c’est en quelque sorte un coupon qui nous lie à une dette, celle des états ou d’une entreprise. Quand on achète une obligation, on devient le créancier de l’État ou de l’entreprise qui les émet. En tant que creancier, on reçoit une rémunération en pourcentage, et cette rémunération se passe pendant toute la période de l’obligation, jusqu’à son échéance.

Ensuite, à l’échéance, on récupère un capital équivalent à la valeur faciale des obligations que nous avons dans notre portefeuille.

Un exemple d’obligation par exemple : le Bund – c’est un titre de dette émis par l’Allemagne et qui a une échéance de 10 ans. C’est à dire, que si vous achetez du Bund, c’est comme si vous prêtiez de l’argent à l’Allemagne. Le taux actuel est de moins de 1% sur une période de 10 ans, ce qui n’est pas une rémunération très forte sur la période.

Si vous souhaitez acheter des obligations pour les garder jusqu’à echeance, la banque peut être un intermédiaire très sympa, je m’explique.

Les placements obligataires à capital garanti

Qui a dit que les banques étaient des voleurs. Il existe un type de compte bien précis pour acheter des obligations (en général françaises) pour les garder jusqu’à échéance : le placement obligataire à capital garanti. Quel est son utilisation ? Ses qualités et défauts ?

Ce compte là a une grande qualité : la banque se porte garante de l’éventuelle perte en numéraire si la valeur faciale de l’obligation se met à diminuer : vous ne perderez en aucun cas le capital initial engagé – si vous investissez 2000€ à l’échéance vous avez au moins 2000€. Les intérêts vous sont versés de manière trimestrielle sur votre compte courant et sont utilisables à tout moment, les intérêts sont versés sur un compte dit disponible.

Le défaut maintenant. Il y en a 2 : la somme que vous investissez n’est pas disponible, vous ne pouvez pas retirer cet argent ni même l’utiliser tant que l’échéance n’est pas atteinte. Autant dire qu’il faut investir avec de l’argent dont vous n’avez pas besoin dans l’immédiat. Le deuxième défaut de ce genre de compte , c’est qu’en cas de clôture :
– le capital à la revente n’est pas garanti : si l’obligation a baissé, vous récupérez le capital ôté des moins values.
– vous avez des pénalités à régler et/ou vous perdez les avantages fiscaux liés à ce compte.

Le marché obligataire va être malmené pour 2017-2018

Le marché obligataire a connu des taux élevés particulièrement lors des dernières années avant la crise de 2008. Les années 2007 et 2008 ont vu des taux allant jusqu’à 4,5% pour les euros BTP, l’obligation française à échéance 10 ans. Le problème aujourd’hui, c’est que leur face nominale a pris énormément de valeur et le taux auquel le particulier a souscrit à l’époque était de 4%. Lorsque l’échéance viendra , il y a de fortes chances que les obligations soient les actifs les plus vendus car ils n’auront pas la rémunération la plus intéressante. Il y aura énormément de vendeurs pour peu d’acheteurs et cela risque de faire un énorme krach sur les obligations européennes en particulier.

Quand ce krach arrivera sur les obligations, le premier secteur touché sera le secteur bancaire. En effet, pour se couvrir du passage au négatif des dépôts à la BCE, les banques ont en leur possessions des obligations dont le rendement est encore très supérieur à ce qu’il est aujourd’hui. Plus les échéances s’approchent, plus les marges de ces banques diminuent. Et au bout d’un moment, ce cancer que sont les taux négatifs risque de se propager dans toute l’économie réelle. Et dans un monde capitaliste, c’est très difficile de concevoir que les créanciers doivent payer leurs débiteurs pour prêter… Affaire à suivre de très près.

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Un conseiller vous contactera pour vous expliquer comment se positionner sur la bourse.

4 Comments
  1. Gilles

    4 mars 2016 at 17 h 37 min

    Les taux négatifs sont bien plus qu’un cancer, c’est une manœuvre désespérée des banquiers centraux. leurs croyances dans le monétarisme de Friedman les pousse a penser que pour empêcher la contraction de la masse monétaire il faut pousser les gens à s’endetter.

    • Quentin

      4 mars 2016 at 18 h 10 min

      Et bien c’est ce que je disais à Jérôme plus haut, Le problème de la limitation du cash, c’est qu’on trouvera toujours un moyen alternatif pour contrer ces lois, il suffit de jeter un oeil au bitcoin ou à l’or physique et on voit tout de suite quand un mouvement de panique apparaît.
      Par contre on peut profiter de ces dépôts négatifs en empruntant de l’argent a des taux très bas. Le crédit n’a jamais été aussi bon marché que depuis cette année. investir à crédit est certes réservé aux gros professionnels, mais c’est un moyen comme un autre de dégager des bénéfices sur le moyen terme, dans un contexte de déflation / désinflation

  2. Jerôme

    4 mars 2016 at 17 h 45 min

    L’interet des taux négatifs n’a de sens qu’avec la limitaion du cash. Ainsi lorsque le cash sera plus difficile à obtenir, les banques centrales et leurs acolytes auront moins de mal à imposer un taux d’intérêt négatif sur les dépôts bancaires.

    • Quentin

      4 mars 2016 at 18 h 09 min

      Le problème de la limitation du cash, c’est qu’on trouvera toujours un moyen alternatif pour contrer ces lois, il suffit de jeter un oeil au bitcoin ou à l’or physique et on voit tout de suite quand un mouvement de panique apparaît.
      Par contre on peut profiter de ces dépôts négatifs en empruntant de l’argent a des taux très bas. Le crédit n’a jamais été aussi bon marché que depuis cette année. investir à crédit est certes réservé aux gros professionnels, mais c’est un moyen comme un autre de dégager des bénéfices sur le moyen terme, dans un contexte de déflation / désinflation

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