Mieux comprendre l’Uberisation pour investir dessus

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Uber-vs-TaxisEn à peine 20 ans la révolution numérique a rebattu les cartes dans de nombreuses industries, et dans certains secteurs économiques, la mutation fut brutale. Ce que certains appellent déjà la troisième révolution industrielle a entrainé de nombreuses migrations de valeur, souvent au profit de grandes sociétés américaines avec en tête les fameux “GAFA” (Google, Apple, Facebook, Amazon). La plupart de ces migrations de valeur sont liées à des mécanismes d’intermédiation et à Internet, comme avec Amazon dans le commerce, Google dans la publicité, Netflix dans la vidéo et plus récemment Uber face aux taxis. Après l’instant Kodak, voici venir l’Uberisation, mis en lumière par la saga UberPop qui a débouché sur de violentes grèves de taxis, et l’arrestation de ces deux dirigeants en France. Je vous propose dans cet article intitulé mieux comprendre l’Uberisation pour investir dessus, de revoir l’histoire de ce phénomène qui a donné son nom à la migration de valeurs basées sur l’intermédiation des services.

Au début d’Uber était les Unicorns, surnom des Startup d’avenir

uber-logoDésormais à la mode, le barbarisme de l’Uberisation est présent dans tous les éléments de langage suite au bras de fer entre les taxis et UberPop société détentrice d’une application mobile permettant de commander un VTC, grâce à géolocalisation. La société Uber est un acteur transnational rapidement devenu dominant sur son secteur. Pour expliquer le succès fulgurant d’Uber, il est important de comprendre que le phénomène d’Uberisation est étroitement lié à un phénomène relativement récent : les énormes financements des startups prometteuses, surtout aux USA. En effet, c’est outre-Atlantique, fin 2013 que sont apparus les premières start-ups dénommées « Unicorns », celles-ci font partie d’un club très restreint. Puisqu’elles sont valorisées à plus de 1 milliard de dollars après une levée de fonds et en amont de leur introduction en bourse ou leur acquisition. Les deux meilleurs exemples sont Uber et Xiaomi, un constructeur de smartphones chinois qui grâce à une stratégie de vente directe aux consommateurs est désormais troisième constructeur mondial, derrière Apple et Samsung. L’année 2014 aura été celle de tous les records de financement pour ses start-ups « Unicorns », avec Instagram racheté pour 1 milliard de dollars par Facebook), de Nest pour 2 milliards par Google, Beats pour 3 milliards par Apple et Whatsapp pour la somme vertigineuse de 19 milliards de dollars par Facebook encore.

Vouloir l’Uber et l’argent d’Uber

Le-beurre UberS’il paraît logique qu’une levée de fonds attirant de nombreux capitaux induits inévitablement une plus grande valorisation boursière. Le cas de la société Uber a battu tous les records, puisque cette start-up trône à la première place, avec une levée de fonds de près de 6 milliards de dollars qui a permis à Uber, après valorisation de s’octroyer un véritable trésor de guerre estimée à 40 milliards de dollars. Dans l’analyse financière, le diable se cache dans les détails et il faut lire avec attention les chiffres, car la partie de dette n’est pas négligeable dans les 6 milliards de dollars engrangés lors de la levée de fonds. Sans doute cette exubérance irrationnelle qui a pu pointer du doigt en son temps Alan Greenspan, tandis que Janet Yellen s’inquiète de la possibilité de quelques bulles sur les marchés financiers. La stratégie de ses start-ups ayant un matelas confortable de plus de 200 millions de dollars consiste à faire des paris sur les leaders de segments émergents et de les saturer en liquidités pour qu’ils puissent atteindre une situation monopolistique en un temps record leur permettant ainsi d’asphyxier toute velléité de concurrence. Pour les financiers de ces opérations l’objectif étant aussi d’optimiser le retour sur investissement en s’assurant de mettre tous les ingrédients sur la table afin de créer la pépite de demain.

Conclusion

La stratégie des investisseurs derrière l’Uberisation est relativement simple à comprendre puisqu’il s’agit à chaque fois de retarder au maximum l’introduction en bourse de la start-up. Il s’agit donc de synchroniser celle-ci pour qu’elle se fasse le plus proche de la fourchette haute de la valorisation visée. Comme en atteste un exemple souvent cité comme un cas d’école, puisque le réseau social numéro un Facebook lors de son introduction en bourse à lever 90 milliards de dollars. Les hommes politiques français et européens commencent à réaliser, que leurs partenaires américains grâce aux torrents de liquidités ont permis à ses start-ups d’obtenir un avantage concurrentiel grâce à l’excès de liquidité. En effet, leur santé financière leur permet de fonctionner malgré des pertes, mais aussi d’assécher les revenus de la concurrence, en cassant les prix, tout en visant le marché international.

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1 Commentaire
  1. Jerôme

    3 juillet 2015 at 18 h 20 min

    Difficile de tirer le vrai du faux dans cette affaire, entre les avantages d’Uberpop et les prix exorbitants des taxis.

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