Mes explications sur la crise liée à la hausse du franc suisse

849 vues 2 Commentaires

hausse Franc SuisseLes marchés financiers sont sous le choc, après la décision du jeudi 15 janvier dernier, de l’abandon de sa politique de taux plancher par la Banque Nationale Suisse (BNS) fixant le franc suisse à 1.20 euro. Ce que certains analystes financiers considèrent comme un tsunami monétaire, ou d’autres comme Marc Fiorentino qui qualifient cet évènement de Cygne noir. La bourse suisse à Zurich a clos à un plus bas historique datant de 1988, l’indice SMI dévissant de 5,96% et passant sous le seuil psychologique des 8.000 points à 7.899,59 points. Les marchés financiers sont abasourdis par cette décision stupéfiante qui laisse de nombreux spéculateurs du Forex sur le carreau, tandis que l’économie helvète se prépare à des lendemains douloureux, après l’appréciation de près de 20% de la monnaie suisse face aux autres devises. En effet l’économie Suisse est fortement dépendante des exportations, le gain en compétitivité pour les fleurons comme Swatch, Nestlé, ou UBS est estimé d’après les premiers chiffres à plus de 5 milliards de pertes. La suppression du taux plancher entre le franc suisse et l’euro n’est pas la seule mesure prise par la BNS. Celle-ci est accompagnée d’une nouvelle baisse de son taux d’intérêt, à -0,75% (taux de dépôt négatif) afin de réduire l’attrait du franc suisse, considéré comme une valeur refuge de premier choix, alors que celui-ci s’échange à parité contre l’euro. Dans cet article je vous propose de vous faire part de mes explications sur la crise liée à la hausse du franc suisse. Alors que vendredi pour la première fois, sur le marché obligataire secondaire, le taux d'emprunt à 10 ans de la Suisse se situait en territoire négatif, avec un taux de -0,031%, contre +0,076% la veille à la clôture.


La valeur du franc suisse s’envole vis-à-vis de… par euronews-fr

Que signifie la fin du taux plancher du franc Suisse

Suisse-la-BNS-supprime-le-cours-plancher-du-franc-suisse-et-abaisse-son-taux-a-0-75_article_popinLa première hypothèse découlant de l’instauration de taux négatifs viserait à décourager les investisseurs de placer leur capitaux dans la devise suisse, puisque qu’ils y perdent de l’argent. L’abandon de l’axe central de la politique monétaire de la BNS surprend, alors qu’elle fut instaurée au plus fort de la crise de la dette souveraine en Europe. En effet depuis la récente hausse du dollar face à l’euro, qui pèse indirectement sur la cherté du franc suisse, à vraisemblablement pesé dans cette décision. Il semblerait donc que la BNS ait choisi d’anticiper un prochain Q.E (Quantitative easing) de la BCE et un relèvement probable des taux de la Reserve Fédérale américaine dans le courant de l’année, alors que le franc suisse flirte avec le cours plancher. Les cambistes sont nombreux à penser que ce changement de politique est un signal fort, indiquant que la BCE devrait lancer sous peu son programme de rachat massif de dettes souveraines. Des éléments donnés par le directeur de la BNS en personne M. Thomas Jordan, qui lors conférence de presse donnée au siège de la Banque Nationale Suisse à Zurich, a déclaré que « s’accrocher au taux plancher n’avait plus de sens à long terme », estimant qu’il s’agissait du « bon moment » pour y renoncer.

Le Q.E de B.C.E, la raison de ce retournement de politique ?

la-decision-de-la-banque-nationale-de-supprimer-le-cours_916070Un afflux de liquidité provoqué par un assouplissement quantitatif, donc une injection de liquidité dans le système financier européen signifie plus de capitaux pour d’autres placements. Ces deux mesures visent donc à dissuader les gens de placer leur argent sur du franc suisse. Cette volteface semble donner raison aux détracteurs de la première heure quant à l’efficacité de la stratégie du taux plancher mise en œuvre depuis 2011. Pour eux il aurait mieux valu d’entrée de jeu mettre en place des taux d’intérêts négatifs sur les dépôts, et que dès lors avec ce revirement la crédibilité de la BNS est mise à mal. Ce revirement donne raison à celles et ceux qui ont proclamé depuis 2011, certains jusqu’à récemment, que la stratégie du plancher n’était pas tenable. D’autres ajoutant que les taux négatifs eussent représenté d’emblée une meilleure solution. Ce n’est évidemment pas très positif du point de vue de la crédibilité de la Banque nationale par les acteurs financiers. Toujours est-il que malgré le krach boursier à Zurich, les faits pourraient rapidement donner du crédit à la Banque Nationale Suisse, notamment par rapport à la lutte contre les effets négatifs du statut de valeur refuge monétaire et de spéculation en particulier.

Conclusion

Force et de reconnaitre que le comité directeur de la BNS a su faire preuve d’un sens de l’indépendance et d’un courage remarquables. Tandis que le surcoût monétaire des exportations était estimé à 30% jeudi dernier, la BNS estime que l’industrie a largement eu le temps d’opérer les ajustements structurels nécessaires depuis 2011. Malgré cela il y a fort à parier que les protestations ne cesseront pas pendant une période de temps qui semblera interminable pour le marché.

COMPLÉTEZ CE FORMULAIRE

Un conseiller vous contactera pour vous expliquer comment se positionner sur la bourse.

2 Comments
  1. julien

    19 janvier 2015 at 9 h 57 min

    Le franc suisse reste une valeur refuge pour encore longtemps, apres ca sent le délit d’initié, ou du moins une forte présomption l’annonce d’une planche a billet made in BCE pour le 22 janvier

  2. Fabrice

    19 janvier 2015 at 10 h 04 min

    L’année boursière s’annonce torride, après la chute du pétrole, ce krach à Zurich ressemble aux premiers effets du dégonflement de cette bulle.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *