Matières premières agricoles : comment utiliser la météo pour prévoir l’évolution des cours ?

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La météo ?? Cela semble sortir tout droit d’une science fiction

Cela peut vous sembler un peu fou ce que j’écris là, mais oui, il est possible d’utiliser la météo pour prédire des mouvements boursiers. Mais attention, pas pour n’importe quelle classe d’actifs ! On parle bien ici des matières premières agricoles : café, blé, maïs, jus d’orange, porc, etc… C’est la météo qui décide à moitié de ce que devront payer les traders pour ces actifs. Je dis bien à moitié, parce qu’il y a aussi l’offre & la demande qui jouent énormément sur ces actifs là.

Pour se mettre dans le bain

Pour vous mettre un peu dans le bain, il faut se mettre en tête que les matières premières agricoles sont des actifs non seulement périssables (ils peuvent disparaître avec le temps), mais aussi très sujets aux conditions climatiques extrêmes qui peuvent décimer des champs de maïs qui allaient pourtant très bien, ou alors assécher des parcelles de maïs pour les rendre inmangeables. En fait, beaucoup de fermiers, du moins pour ceux qui ont la tête dans la finance plus que les autres, aiment beaucoup protéger leurs prix en faisant du hedging avec les denrées réelles qu’ils souhaitent vendre. Par exemple, un fermier qui vend du maïs peut se protéger d’une éventuelle baisse des prix et shorter un contrat « Corn » pour se protéger de la baisse des prix. Si la quantité vendue n’est pas définie, la plus value réalisée sur le hedge est cash, et arrive tout de suite dans la poche. Nous allons essayer de décrypter les méthodes des « fermiers de Wall Street » un point qui me semble utile de passer dessus en tant que trader.

S’il fait beau on vend, mauvais on achète

Raisonnement simpliste, si les conditions sont idéales pour les parcelles à vendre, alors on vend l’actif en question puisque l’actif sera moins rare. Même raisonnement inverse si le temps devient mauvais

PRESQUE VRAI : Oui, on suit à peu près ce raisonnement, mais il faut connaître par coeur l’actif que l’on veut vendre. Le maïs, le blé, le café, le cacao… tous ont besoin d’un climat différent pour la croissance des parcelles, ou la réduction de celles-ci.  Beau ou mauvais, c’est un bien faible mot.

Après analyse de l’actif, si les conditions sont bonnes pour celui-ci on vend, et vice versa.

Puisque bon ou mauvais temps n’est pas suffisant, on peut s’amuser à vérifier quel est le temps nécessaire pour qu’une parcelle d’un actif se régénère vite, s’assèche, etc. On part dans le même raisonnement cité au dessus, mais on spécialise plus la question

FAUX : Des élements sont exacts, mais un élément bien plus important à prendre en compte, c’est l’offre et la demande. Vous pouvez avoir des milliers d’hectares de maïs, si personne n’en veut, ça ne vaut rien.

La météo prend pour 30% de l’évolution du prix et ne sert uniquement qu’à titre de prévision.

Voilà ! L’idée d’utiliser la météo pour prévoir l’évolution des prix était là, mais il faut savoir que la météo actuelle n’influence pas tout de suite, pas directement le prix d’un actif. Cependant on peut avoir des influences notables lorsque :

  • Vagues de froid qui dépassent l’entendement : plus de 3 semaines de gel sur des parcelles de maïs, blé, cacao, oranges (pour le jus d’orange), coton, orge, etc…
  • Vagues de chaleur durables, avec départs de feux sur les parcelles les plus importantes aux états unis.
  • Pluies diluviennes et importantes, sur une durée qui s’allonge à 2 semaines, 3 semaines.
  • Météo exceptionnelle : cyclones, tornades, orages violents, grêle, blizards etc.

Les 4 facteurs influencent tout de suite le cours d’un actif. On peut voir en temps réel les news concernant la qualité et la quantité des parcelles de matières premières agricoles américaines sur le site de agweb.com (il faut savoir parler anglais).

Un petit exemple concret : si demain une vague de froid arrive sur une parcelle de maïs dont la demande est forte, le prix risque de monter sévèrement si cette demande se renforce et que le temps ne s’améliore pas. Plus la vague de froid va durer, plus nombreuses seront les chances d’avoir une partie de la production perdue.

Par contre, en cas de temps idéal pour les parcelles, seulent l’offre & la demande feront loi sur les prix : si la demande est trop forte, le prix montera. Si l’offre est trop abondante, le prix descendra.

En général, on peut utiliser les sites de prévisions météorologiques assez précis tels que météociel pour avoir des runs et des cartes de prévisions avec une précision de 6 heures pour les états unis et un run allant jusqu’à 1 mois. Cela permet en outre de se placer sur un actif un peu avant tout le monde, mais la tentative peut s’avérer risquée si la prévision est fausse.

On peut aussi aller chercher du côté de la qualité des parcelles dans le temps avec le site de agweb.com, cela permet de savoir également si une parcelle est bien entretenue, ou non. Si elle est sujette à d’importants changements climatiques ou non. Il y a beaucoup de facteurs à prendre en compte.

Pour les météos les plus clémentes, les effets peuvent se faire ressentir jusqu’à un an après, surtout si la météo a été particulièrement clémente pendant les périodes de bourgeonage, puisque la quantité d’actifs sur les parcelles n’est pas encore définie mais estimée. Quand les vrais chiffres tombent et que l’on voit que les quantités sont bien abondantes, il aurait fallu se rappeler de la météo clémente des mois précédents et se dire, bon sang, pourquoi je n’ai pas acheté du maïs, depuis février la météo est super bien !

Exemple sur le blé à ce jour avec la météo.

heavyrainwheat

« Heavy rain needed for great plains wheat », des pluies énormes seront nécessaires pour avoir de magnifiques parcelles de blé. C’est ce qu’annonce un article sur agweb.com concernant le blé. En effet, la météo aux états unis est bien trop sèche par rapport à la normale dans la région encadrée sur l’article.

Vous trouverez cet article ici : http://www.profarmer.com/article/heavy-rain-needed-for-great-plains-wheat–NAA-gail-martell/

Dans l’article, vous voyez bien que la météo est une composante majeure dans l’exploitation du prix des matières premières agricoles, et il faudra donc anticiper une hausse des prix rien qu’avec la météo si et seulement si ces conditions de sécheresse ne s’améliore pas dans ladite région citée dans l’article.

Un bel exemple en somme avec le graphique ci dessous

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Qui montre bien que la sécheresse a des conséquences sur le prix, une hausse de 10% sur les prix du blé en conséquence de 28 jours de sécheresse dans la région qui produit le plus de blé aux états-unis. Le prix ira en s’accélérant si le temps ne s’améliore pas.

En résumé

A travers cet article, vous savez donc que :

  • La météo peut être un outil qui peut vous aider à spéculer sur les matières premières agricoles
  • La météo peut avoir un effet immédiat pour les évenements climatiques extrèmes ou un effet différé dans le temps pour les météos clémentes (car il faudra penser en conséquence que la parcelle en cours sera meilleure, plus abondante)

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