Liens entre L’OPEP, l’Arabie Saoudite et le prix du baril de pétrole

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pétrole cours 2015La chute du cours du baril de pétrole entamé en juin 2014 semble désormais derrière nous, l’or noir ayant atteint un plancher de 40 $ actuellement se négocie actuellement aux alentours de 55 $ le baril. Les analystes avancent que ce rebond est dû à la récente dépréciation du dollar, la course au rendement des investisseurs dans un contexte de taux bas, sans oublier l’instabilité au Yémen, et le léger déclin de la production de pétrole de schiste américain. Dans cet article intitulé Liens entre L’OPEP, l’Arabie Saoudite et le prix du baril de pétrole je vous propose de revenir sur le rôle de l’OPEP et plus précisément le poids de l’Arabie Saoudite dans la fixation des prix du pétrole. Pour rappel l’OPEP regroupe le plus grand producteur de pétrole dans le monde à l’exception des États-Unis et de la Russie. La réputation de l’organisation des pays exportateurs de pétrole présenté comme manipulant le prix de l’énergie n’est pas totalement fausse.

Le pétrole Saoudien sans véritable concurrent

saudi-oilL’Arabie Saoudite est sans contestation possible le plus gros producteur de pétrole au monde, d’une part grâce à des réserves prouvées gigantesques, mais aussi grâce à un coût d’extraction bien plus faible que celui de ses concurrents, notamment américain, russe ou iranien. Car il ne s’agit pas simplement d’avoir du pétrole. En effet, posséder du pétrole en abondance est une chose, pouvoir le produire à un coût défiant toute concurrence fournit un avantage compétitif inestimable au royaume saoudien. L’Arabie Saoudite se trouve donc une situation de quasi-monopole en tant que producteur dont les coûts de revient sont les plus faibles. Le royaume des Saoud grâce à ces trois avantages : une production colossale, des réserves colossales, et des coûts de production extrêmement bas peut facilement contrôler les cours du pétrole dans le monde, et cela indépendamment du fait que l’OPEP regroupe une quinzaine de membres.

La stratégie de l’Arabie Saoudite pour assurer son hégémonie

CHARMEUR DE SERPENTL’opération d’administration du cours du pétrole par l’Arabie Saoudite aura pris neuf mois, un temps relativement court pour ajuster sa production de pétrole afin d’atteindre le prix cible idéal pour lui garantir assez de revenus, tout en étant hors-jeu ses principaux concurrents. En effet, la guerre du pétrole menée par l’Arabie Saoudite vise bien trois adversaires. Les producteurs américains de pétrole de schiste dont la rentabilité nécessite que l’or noir soit vendu au-delà de 80 $ le baril, pour les moins rentables, et 60 $ pour les exploitations les plus rentables du Dakota du Nord. L’autre adversaire n’est autre que la Russie de Poutine, dont le coût d’exploitation reste élevé malgré les d’importantes réserves, enfin l’Iran ennemie N°1 avec lequel l’Arabie Saoudite se dispute le leadership régional. Pour atteindre ses objectifs les stratèges saoudiens ont donc déterminé un chiffre magique : 60 $. Toutefois l’on sait que les marchés ne sont jamais aussi précis, donc la fourchette se situe entre 50 et 60 $. Ces jours ci, le pétrole a rebondi autour de 55$ pour le WTI et 65 $ pour le Brent. Comme évoqué en introduction l’or noir a touché un plus bas de 40 $. C’est un rebond normal car les marchés sont volatils et que les investisseurs et traders matières premières jonglent avec leurs positions. Ainsi, l’Arabie Saoudite a eu ce qu’elle souhaitait : elle ne veut pas que le cours descende plus bas. Même si l’on peut assister à des rebonds et des chutes, d’autant que le contexte géopolitique semble se tendre dans la région, induisant inévitablement de la volatilité.

Conclusion

Fort de ce constat et de ces informations, l’on peut s’attendre, dans les prochains jours sauf événement géopolitique majeur, que le pétrole se négociera entre 50 et 65 $ le baril pendant un certain temps, c’est-à-dire pour cette année 2014 et l’année prochaine en 2015, car ce cours est suffisamment bas pour sortir du marché les producteurs de pétrole de schiste, asphyxier la Russie et la république Iranienne, juste assez pour maintenir pour l’Arabie Saoudite le flux de capitaux nécessaire. Au vu de la position dominante de l’Arabie Saoudite, le baril à 60$ reste toujours rentable. Ils engrangent toujours des bénéfices sur les forages pétroliers et, en réalité, leur budget est excédentaire.

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