La finance comportementale, bouée de sauvetage des traders ?

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Conceptual image - meditations over the financeL’ingénierie financière représente aujourd’hui près de 20 % de la croissance mondiale, dès lors de nombreuses études tentent de mieux comprendre les mécanismes poussant les investisseurs à avoir certains comportements. En effet, au-delà de l’analyse technique, ou de l’analyse fondamentale, de plus en plus de fonds de pension se reposent sur la finance comportementale pour améliorer le rendement de leurs placements boursiers. Cette discipline est née il y a une trentaine d’années suite à l’idée de Daniel Kahneman et Vernon Smith d’appliquer la psychologie à la finance, donnant naissance à l’économie comportementale. Si au début, cette théorie suscitait la curiosité, les deux chercheurs ont obtenu la reconnaissance suprême grâce à la remise du prix Nobel d’économie en 2002, pour leurs études portant sur le comportement des investisseurs lors de leur prise de décision. Dans cet article intitulé La finance comportementale, bouée de sauvetage des traders, je vous propose de découvrir une discipline qui a le vent en poupe, aux antipodes de la théorie sur l’efficience des marchés. De plus en plus utilisée lors des crises financières ou simplement lors de périodes à forte volatilité, la finance comportementale s’intéresse aux déséquilibres engendrés par le comportement des investisseurs. Très appréciée par différents fonds d’investissements, elle permet d’élargir son horizon de placement et donc de s’assurer de meilleurs rendements.

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Les principes de la finance comportementale

autrucheEn effet les principes sous-jacents régissant la finance comportementale sont en totale opposition à l’hypothèse de base des marchés efficients. En effet, les fondements de la finance comportementale tentent plutôt de souligner les situations lors desquelles, les marchés ne sont pas rationnels et d’en expliquer les causes par la psychologie des acteurs du marché. Ainsi, la finance comportementale tente de recenser les travers des comportements humains ainsi que leurs effets sur les marchés afin de les utiliser à son avantage lors de la mise en place des stratégies de trading. Ainsi avant l’avènement de la finance comportementale, la théorie dominante sur la finance de marché, était que les marchés sont régis par des règles purement rationnelles menant inévitablement à la détermination d’un prix équilibré, le plus efficace économiquement, ce que l’on appelle la théorie de l’efficience des marchés. En ce qui concerne la finance comportementale le postulat est totalement contraire. En effet, les chercheurs Daniel Kahneman et Vernon Smith estime que les intervenants financiers sont loin d’être toujours rationnels, d’autant plus que ceux-ci sont soumis à des erreurs de jugement inévitables, puisque les êtres humains sont soumis à leurs sentiments, et que ces facteurs émotionnels, tels que la peur ou l’excès d’optimisme les induisent fréquemment en erreur. On parle alors de biais cognitifs, et ceux-ci peuvent interférer de façon négative lors de la prise de décision.

Le test de Kahneman et Smith prix Nobel d’économie

eco02_interviewKahneman et Smith afin de valider leur théorie et mettre en évidence le manque de rationalité des investisseurs mêmes chevronnés, ont mis en place une expérience, connu sous le nom de l’expérience de Kahneman et Smith. Un test relativement simple se basant sur un jeu de loterie. Pour cela, le sujet du test à sa disposition de tables de jeu de loterie, sur la première table le jeu est on ne peut plus simple, puisque le joueur gagne à chaque fois 1 million de dollars. À la deuxième table de jeu, les règles sont un peu différentes, en effet les chances de gagner 2,5 millions de dollars ne sont que de 10 %, celle de gagner 1 million de dollars de 89 %, tandis qu’il y a 1 % de chances de ne rien gagner. La question du test est simple, à quelle table préféreriez-vous jouer ? Bien évidemment, les réponses varient en fonction de l’expérience de chacun, pour autant le choix rationnel serait d’aller jouer à la deuxième table, puisqu’après un rapide calcul les probabilités de gains s’établissent à 1,14 millions de dollars, tandis que la première table ne propose que 1 million de dollars. Bizarrement, certains joueurs préféreront malgré tout tenté leur chance à la première table, puisque celle-ci assure un gain à chaque fois. Ceci peut s’expliquer par une aversion aux pertes de la part de certains investisseurs qui peut être plus ou moins marquée selon la personne et selon le risque. L’expérience et l’étude du comportement des investisseurs montrent que si l’on gagne 1000 dollars, on aura tendance à les retirer rapidement car on pourrait tout reperdre le lendemain. A l’inverse si l’on perd 1000 dollars lors d’une journée, on aura tendance à tenir ses positions en espérant « se refaire » lors des prochaines séances au risque de creuser ses pertes. C’est le vieux dicton du « pas vendu, pas perdu » qui peut parfois se révéler fatal et qui s’explique par la psychologie des investisseurs.

Conclusion

penser-plus-loinParmi les principaux biais cognitifs remarqués sur le marché l’ancrage mental figure en bonne place, il consiste à se fier à la première impression, ou encore à prendre des raccourcis de raisonnement. L’un des biais émotionnels les plus puissants restent la peur, notamment lorsqu’un investisseur vient d’enchaîner une série de plusieurs échecs, celui-ci se détournera progressivement des valeurs risquées. L’inverse est aussi vrai avec un excès de confiance poussant le trader après une série de bonnes transactions à sous-estimer les risques.

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