La bombe à retardement déflationniste à elle été désamorcée ?

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time bombDepuis près de deux ans, les dirigeants des institutions financières parlent de déflation, un phénomène qui fait trembler la planète financière et l’économie en général. Dans cet article intitulé « La bombe à retardement déflationniste à elle été désamorcée ? » je vous propose de faire la lumière sur les mécanismes de la déflation, en prenant pour exemple un pays qui lutte contre les forces déflationnistes depuis près de 20 ans, le Japon. Les disciples de Milton Keynes estiment que la déflation représente un danger mortel pour l’économie, et que tous les moyens disponibles doivent être mis en œuvre afin de lutter contre. Leur postulat est que la déflation incite les consommateurs à épargner et à reporter leurs achats en anticipant une baisse des prix. Tandis que le les entreprises réduisent leurs investissements et leurs capacités de production. C’est notamment l’une des raisons pour laquelle la banque centrale européenne a lancé un vaste programme d’assouplissement quantitatif afin de lutter contre les pressions déflationnistes dans la zone euro.

Déflation, inflation et désinflation, une valse à trois temps ?

deflation-zone-euroContrairement à l’inflation, la déflation consiste en une baisse des prix durables, ce phénomène ne doit pas être confondu avec une baisse du taux d’inflation qu’on appelle désinflation. Le risque déflationniste apparaît dans une économie lorsque la demande chute par rapport à l’offre de biens ou de services proposés sur le marché. Toutefois, lorsque la déflation ne touche qu’un seul secteur de l’économie, ce qu’on appelle une déflation sectorielle, elle peut avoir des effets positifs. En effet, le meilleur exemple, et la baisse des prix sur le matériel informatique, ou l’électronique grande publique qui a permis à une large frange de la population de s’équiper, créant de facto de nouveaux marchés. Lorsqu’en revanche, la spirale déflationniste touche l’ensemble de l’économie, il devient alors très difficile d’inverser la tendance, comme le prouve la situation du Japon qui lutte depuis près de 20 ans contre les pressions déflationnistes.

Les avantages de la thésaurisation de la monnaie sur le pouvoir d’achat.

deflationL’un des plus grands spécialistes de la déflation et de ses conséquences pour une économie basée sur la consommation M. Barton Biggs décrivait la déflation comme une ère glaciaire financière. L’exemple donné est celui d’une personne qui épargnerait sans compter depuis le milieu des années 90 où la déflation a fait son apparition au Japon, et qui malgré les nombreuses tentatives de relance de l’économie par la planche à billets, n’arrive pas à relancer l’inflation. Ainsi cette personne ayant épargné 100 000 yens en 1995, celui-ci en 2015 disposerait d’un pouvoir d’achat de 120 000 yens. La déflation n’incite pas à emprunter, puisque la chute des prix et la possible chute des revenus nominaux rendent les dettes plus difficiles à rembourser. L’autre caractéristique principale d’un refroidissement déflationniste ce sont des taux d’intérêt extrêmement bas voire inexistants. Ainsi, à l’échelle du pays du soleil levant, l’épargne totale des Japonais dormant sous le matelas coupure est estimée à 300 milliards de dollars. C’est l’une des raisons qui ont poussé le premier ministre japonais Shinzo Abe et le gouverneur de la BoJ (Banque centrale du Japon ) M.Hahuriko Kuroda à lancer le fameux programme Abenomics pour lutter contre la déflation.

Le refroidissement déflationniste oblige à penser autrement

Un environnement déflationniste étalé sur la durée oblige les investisseurs à repenser les concepts d’investissement de base. Aujourd’hui c’est environ 3 000 milliards de dollars de dettes en Europe et au Japon qui s’échangent à des taux d’intérêt négatifs. « Les obligations d’État danoises, suisses et allemandes s’échangent toutes avec des rendements négatifs sur plus de cinq ans, et sur 10 ans pour les Suisses. Idem du côté des obligations d’entreprise, ainsi le géant de l’agroalimentaire Suisse, Nestlé a émis 500 millions d’euros d’obligations avec des rendements négatifs. Les analystes décrivent souvent l’économie japonaise comme stagnante depuis 20 ans. De prime abord, cela semble être le cas. Mais lorsque l’on intègre la variable déflation, le résultat est différent. Les revenus japonais ont apparemment chuté mais les prix de tous les biens et services, du journal au coiffeur, de l’immobilier aux sushis, sont restés scotchés à leur niveau des années 80.

Conclusion

Les pressions déflationnistes obligent à revoir notre façon d’interpréter les statistiques économiques. À situation exceptionnelle mesure exceptionnelle, bien que celles-ci heurtent notre manière d’appréhender des concepts communément acceptés. Valoriser les actions et les actifs devient plus difficile parce que beaucoup des modèles existants ne fonctionnement plus. Comment calculer un modèle d’actualisation des dividendes lorsque le dénominateur est négatif ?

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2 Comments
  1. Sovanna Sek

    22 avril 2015 at 18 h 41 min

    Bonjour Vanessa,

    Avec pédagogie, la déflation expliquée par nos élites est une foutaise. Il suffit de voir l’évolution de l’indice des prix.

    http://www.insee.fr/fr/bases-de-donnees/bsweb/graph.asp?idbank=000641194

    Cordialement.

  2. Vanessa

    23 avril 2015 at 18 h 13 min

    Très très intéressant. Merci Sovanna.

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