Pourquoi l’euro peut encore se renforcer à cause de Mario Draghi ?

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bce-mario-draghiDepuis l’arrivée de Mario Draghi en 2011 à la tête de la banque centrale européenne (BCE), l’euro n’a cessé de grimper face au dollar. La monnaie unique européenne à même atteint la barre des 1,40 dollars avant de baisser à 1,34698 dollars taux actuel. En effet, la politique monétaire conduite en 2012 par cet ancien de Goldman Sachs n’est pas sans conséquences sur cette montée spectaculaire de l’euro. Mais qu’en est-il de cette stratégie monétaire du président de la BCE ? Quel est donc le débat actuel sur l’euro ? Ce sont là les questions auxquelles j’apporterai des éclaircissements dans cet article.

Les causes de la montée de l’euro

Priorite-a-la-baisse-de-l-euro_article_popinL’appréciation de l’euro face au dollar résulte d’une multitude de facteurs. En effet, la politique restrictive de la BCE a conduit à une diminution de la monnaie euro donc à sa valorisation. Au même moment, la monnaie américaine qui fait l’objet de son troisième Q.E (Quantitave easing ou assouplissement quantitatif c.-à-d. impression monétaire) depuis 2008 perd de sa valeur. En plus de cette politique monétaire dite laxiste, les banques convertissent de plus en plus leurs fonds en euro. Cette préférence vers la monnaie européenne au détriment du dollar contribue à le renforcer encore plus. La montée de l’euro se justifie aussi et surtout par le souhait du patron de la BCE de faire tout son possible pour sauver la zone euro. En effet, le « whatever it takes » de Mario Draghi a redonné un sentiment de confiance quasi inébranlable aux investisseurs et conduit ainsi à une conversion importante de dollar en euro. Ce qui qui fait que l’euro peut encore se renforcer dans les mois à venir malgré sa baisse récente. La politique de l’austérité que mène la zone euro est également en partie responsable de cette appréciation. En effet, cette politique consiste à doper les exportations tout en diminuant considérable les importations. Ce qui contribue à favoriser la compétitivité de l’Euroland et à augmenter la demande en euro. En outre, le taux réel de l’euro qui est légèrement plus intéressant que celui du dollar joue aussi son rôle dans cette hausse. C’est ainsi que les investisseurs ont un intérêt réel d’acheter du dollar pour le vendre en euro. Cette opération, même si elle est de moins en moins rentable, permet tout de même de faire des bénéfices substantiels. Ce qui contribue largement à la valorisation de la monnaie unique au détriment du billet vert.

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L’euro trop fort : une situation inquiétante

jpg-631453-jpg_432011La hausse de la monnaie unique européenne semble constituer une menace sérieuse pour la zone qui connait un redressement fragile. Longtemps ignorée par la banque centrale européenne, cette situation est aujourd’hui au cœur des préoccupations de cette institution. Mario Draghi lors de la réunion du FMI à laquelle il prenait part à Washington le 10 avril passé n’a pas manqué de souligner les effets néfastes de cette hausse de la devise européenne sur les prix. Pour lui, Le taux élevé de l’euro risque de causer une déflation (phénomène de baisse généralisée des prix et des salaires). Poursuivant son commentaire de la situation, le président de la banque centrale européenne pense que la déflation n’est pas la seule menace de l’appréciation de l’euro. En effet, la progression lente de l’inflation est aussi une mauvaise chose pour le redressement de la zone euro. Mario Draghi est d’accord que cette appréciation progressive de l’euro a un impact décisif sur la reprise fragile de la zone et entend ainsi employer les moyens nécessaires. Dans cette perspective, Mario Draghi dira que la BCE est prête à user même de moyens « non conventionnels » pour arriver à bout de cette situation. De fait la BCE peut effectivement se lancer dans des LTRO la politique d’assouplissement quantitative à l’européenne qu’elle avait toujours écartée pour ne pas fâcher les Allemands. Cette mesure consiste à acquérir des quantités d’instruments financiers pour enfin en baisser le cours par la loi de l’offre et de la demande. Outre cette stratégie classique, la banque centrale européenne peut aussi décourager les investisseurs en procédant à une baisse du taux d’intérêt en les plaçant en territoire négatif. Ce qui fera sans nul doute perdre de la valeur à l’euro et les investisseurs seront contraints de convertir leurs fonds dans les devises les plus attractives. Ce sont là des mesures qui peuvent inverser la situation et que la BCE pourrait employer dans les mois à venir.

Conclusion

Grace à la politique menée par le président de la BCE en 2012, l’euro a amorcé sa dépréciation. Aujourd’hui, le débat est comment faire pour consolider cette monnaie et maintenir ainsi le dynamisme actuel des pays de la zone euro.

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6 Comments
  1. sylvain

    24 juillet 2014 at 10 h 31 min

    On est obligé de constater que les talents de communicants de SuperMario ont permis à la zone euro de ne pas sombrer durant la crise des dettes souveraines. Cette confiance dans l’euro à eu un effet pervers en dopant la devise unique, aujourd’hui il est temps d’amorcer sa décote sous peine de plomber les bénéfices des sociétés exportatrices.

  2. stephane

    25 juillet 2014 at 12 h 12 min

    cActuellement la banque centrale européenne a plus que jamais son rôle à jouer dans cette menace qui se fait sentir. Après tout c’est Mario Draghi qui est à l’origine de cette situation, donc c’est normal qu’il apporte les solutions nécessaires.

  3. Xavier

    25 juillet 2014 at 12 h 13 min

    Je suis convaincu qu’il y’aura plus de peur que de mal. Car les autorités monétaires sont décidées de faire tout le possible pour que l’euro se stabilise et favorise ainsi le redressement de notre zone.

  4. sara

    25 juillet 2014 at 12 h 14 min

    Xavier a raison il y’a vraiment pas à s’inquiéter.

  5. Michael

    28 juillet 2014 at 16 h 52 min

    De l’avis de nombreux économistes l’Euro n’est pas viable à long terme, je serais assez d’avis avec eux. Car comment faire cohabiter des pays si différents, et ayant donc besoin de politiques monétaires si antagoniques.

  6. Arnaud

    30 juillet 2014 at 10 h 11 min

    L’euro au dernière nouvelle s’approche des 1.34 $, avec probablement une incursion sous les 1.33$. Il semblerait donc que Mario Draghi est réussi son pari, reste à savoir si cette baisse sera durable, mais vu la situation économique de la zone euro il y a fort à parier que oui.

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