Le Japon en appelle au G20 pour comprendre ce qu’il se passe sur ses marchés.

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La semaine dernière le nikkei perd 11% malgré le passage des taux japonais en territoire négatif. Shinzo Abe et sa politique monétaire ont de nouveau échoué semblerait-il et le Japon à demandé une réunion express du G20 à Shanghai pour tenter de comprendre ce qu’il se passe sur ses marchés financiers.

La politique monétaire du Japon

Après une bonne quinzaine d’année en déflation et en berne économique, le Japon à vu arriver dans les rangs des personnalités des banques centrales M. Shinzo Abe. Abe n’a qu’une seule chose en tête, en finir avec cette décennie de malheur dans l’archipel japonais et tout faire pour relancer la croissance au Japon. Il entame un QE monstrueux pour faire gonfler le prix des actifs, et cela n’a marché qu’un temps. Entre temps, le yen a fait une embardée de fou en se dévaluant de presque 40% pour passer de 82 yens pour 1 dollar à 122 yens pour 1 dollar au plus bas. Un yen faible a fortement aidé les entreprises nippones qui ont pu exporter à des prix largement plus bas que ces dernières années. Ces prix bas ont fait augmenter les commandes et les prix ont commencé à passer haussier.
Malheureusement pour les japonais, le yen est une devise qui fait office de  »safe heaven » en cas de crise, et lorsque les marchés ont commencé à s’enrayer au début de cette année, le yen s’est mis à prendre énormément de valeur pour revenir à 117 yens pour un dollar.
Le Japon mettra donc en place les taux négatifs et commettra une grave erreur : les marchés financiers doutent encore plus du modèle économique japonais, ce qui a pour effet de faire encore plus monter le yen. Nous sommes revenus à des niveaux de 2014 avec un yen à 112 pour un dollar.

La BoJ piégée à son propre jeu

Et c’est là que le pas blesse, parce que la BoJ va devoir redoubler d’efforts pour que son yen reste faible. Mais redoubler d’effort à quel point ? Car nous sommes rentrés dans un cercle vicieux au Japon qui est le suivant

Déflation >> stimulus économique (QE ou baisse des taux >> yen faible / indices en hausse >> doute renforcé sur l’économie nippone >> indices en baisse / yen fort >> déflation.

Autant dire que Shinzo Abe a plutôt intérêt à changer de cap de politique monétaire si il ne veut pas se retrouver sans munitions le jour où la fin des haricots arrivera.

Le G20, naïf depuis 2008 ?

Quand la crise des subprimes a eu lieu en 2008 avec la faillite de Lehman Brothers on avait deux solutions :
– remodeler le système financier pour qu’il ne soit plus basé sur la croissance (car une croissance stable en termes de pourcentage est en réalité une croissance exponentielle )
– injecter des liquidités comme un fou pour maintenir le système financier stable.
Apparemment ils ont opté pour la deuxième solution, qui n’est qu’une solution temporaire puisque le monde avait oublié qu’un jour , la Chine, le poumon de la croissance mondiale, allait elle aussi ralentir.
Ce ralentissement induit donc une baisse des prix des matières premières, de l’activité entre pays (le baltic dry index est même passé sous la barre des 300 points…)
Le G20 a-t-il été naïf ? La réponse est non. Ils savaient pertinemment ce qu’ils faisaient mais n’ont pas voulu changer leur modèle financier : résultat, la finance qui est censée interagir avec l’économie réelle n’a servi qu’à combler d’énormes trous bancaires … La suite en 2016 donc pour voir comment tout ce château de cartes va être sauvé.

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3 Comments
  1. Martin

    17 février 2016 at 11 h 18 min

    Difficile de prévoir ou cette grande expérience monétaire va nous mener. Celles menées dans le passé ne se sont pas bien finies, en attendant le dénouement quelle stratégie conseillez vous pour se prémunir et protéger un tant soit peu son épargne ?

    • Quentin

      18 février 2016 at 8 h 41 min

      Fuir les actions japonaises, et payer de l’or ou du franc suisse

  2. Patrick

    17 février 2016 at 11 h 24 min

    MM. Abe et Kuroda savent comme tous les économistes que l’on ne relance pas la croissance avec de la planche a billet, en revanche on a jamais testé les taux négatifs, et rien que le nom en dit long sur leur singularité

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