Hausse du Bund allemand prémices d’un krach obligataire ?

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bill-gross_0Le marché obligataire est en proie à mouvement de forte amplitude, la pression sur la dette allemande à 10 ans la semaine dernière, a été accompagné de déclarations tonitruantes il y a quelques jours, de M. Bill Gross. Qui n’est autre que l’un des plus grands stratégistes obligataires du monde et l’ancien patron de PIMCO, n’hésitant pas à qualifier le short sur le « Bund allemand », « de coup d’une vie » ! La situation doit donc attirer l’attention de tout investisseur, où tous les détenteurs d’assurance-vie dont la majorité sont investis dans des fonds en euros, ou encore dans les différents livrets d’épargne. En effet, tout le monde est concerné, et d’autant plus détenteurs d’actions, qui savent qu’il est possible de se prémunir d’un krach boursier, en se débarrassant de ses actions. En revanche, pour un krach obligataire ou monétaire l’exercice devient bien plus difficile. Pour preuve, la hausse de 80 % du Bund, l’emprunt d’État allemand à 10 ans la semaine dernière. Dans cet article intitulé « Hausse du Bund allemand prémices d’un krach obligataire ? ». Je vous propose de redécouvrir ce qu’est une obligation, comment fonctionne le marché obligataire.

Notre épargne majoritairement investie en obligations

Il faut bien comprendre que toute notre épargne est investie sous forme de obligataire ou presque. C’est le seul moyen à l’heure actuelle pour qu’une banque puisse verser une rémunération aux détenteurs de l’épargne sous la forme d’un un taux d’intérêt. Pour que l’établissement puisse verser un intérêt sur les placements de ses clients, celle-ci place l’argent plus exactement prête l’argent. Il faut bien dire qu’il est en général difficile de savoir à qui exactement cet argent a été prêté et si vraiment le créancier est solvable. Ce prêt de capitaux générant des intérêts est généralement appelé obligation (« obligation » pour obligation de rembourser… jusqu’au jour où les bénéficiaires du prêt qui doit vous rembourser votre capital n’est plus mesure de le faire… Comme on le craint pour la Grèce).

La dette allemande à 10 ans explose à la hausse…

Bund allemandLe krach obligataire est la hantise de toutes les institutions financières mondiales, tandis que pour les épargnants il n’y a pas de moyens de s’en protéger dans l’absolu, si ce n’est à ne pas détenir d’épargne. Pour prendre un exemple concret nous allons nous appuyer sur la situation du Bund allemand qui le 29 avril 2014 et est un taux de 0,17 % par an, le 30 avril il est passé à 0,37 % soit une hausse de plus de 100 % en 48 heures. Bien qu’en pourcentage sa progression est impressionnante, celle-ci n’est pas très significative en terme de taux car la dette allemande est évidemment supportable aussi bien à 0,17 % par an qu’à 0,37 %, certains analystes estiment qu’elle devrait valoir 4 %, sans les politiques accommodantes de la banque centrale européenne. En revanche une hausse de cette rapidité et de cette vigueur attire inévitablement l’attention surtout si ce mouvement se poursuit dans les semaines et mois à venir. Quand on achète une obligation de 100 euros qui rapporte 5 % par an pendant 10 ans, dans un univers de taux stables celle-ci vaudrait 105 euros en cas de revente sur le marché de l’occasion. Mais l’action des banques centrales nous ont plongés dans un monde où les taux baissent depuis plusieurs années, jusqu’à atteindre des taux négatifs sur certaines dettes souveraines, avec les effets dévastateurs pour les épargnants comme nous allons le voir.

Les taux bas sur le marché obligataire rognent votre patrimoine

krach obligataireLe détenteur d’une obligation qui rapporte 5 % pendant 10 ans, reçoit de nombreuses offres d’achats sur le marché de l’occasion puisque aujourd’hui les taux sont de 0,3 %, donc son obligation prend mécaniquement de la valeur, par le déséquilibre du marché de l’offre et de la demande. Inévitablement l’inverse vaut aussi, ainsi l’investisseur venant d’acquérir une bonne obligation allemande à 0,17 % par an sur 10 ans, voit désormais les taux exploser à 0,37 % par an, alors celui-ci aura beaucoup de mal à revendre son obligation à 0,17 % pendant 10 ans. Il lui faudra même pour la revendre, devoir accorder un rabais qui permettra au nouvel acquéreur d’avoir le même rendement avec l’ancienne obligation qu’avec une obligation toute neuve. Et plus les taux montent vite, plus le prix des obligations anciennes s’effondre entraînant votre patrimoine avec. C’est ce qu’on appelle un « krach obligataire » et les premières épargnants touchés sont les détenteurs de contrats d’assurance vie et les compagnies d’assurance.

Conclusion

Quelques soubresauts nous interrogent quant à la possibilité d’être face soit à un mouvement spéculatif soit témoins des premiers signes du plus gros krach obligataire de tous les temps. De tous les temps, car la période de taux bas a été particulièrement longue, et que nous sommes déjà dans une phase de taux négatifs. Et jamais dans l’histoire des taux n’ont été négatifs, bien qu’il soit impossible de trancher cette question. Tout investisseur devrait surveiller l’évolution des taux, car si lorsque la Bourse corrige les médias en parlent, les taux ne bénéficient pas de la même couverture. Dès lors pour ceux qui ont des taux à renégocier sur des crédits en cours en particulier immobilier… Mieux vaut ne pas traîner.

 

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4 Comments
  1. julien

    6 mai 2015 at 10 h 02 min

    Si Bill Gross annonce la couleur c’est qu’il a deja pris position , le tout pour en profiter est de savoir quand il va passer à l’attaque

  2. Fabrice

    6 mai 2015 at 10 h 11 min

    Je pense que l’on est loin d’un krach obligataire, et surtout pour le Bund allemand, car l’économie allemande est la locomotive de la zone euro avec un excédent Kolossal.

  3. Jerôme

    6 mai 2015 at 10 h 26 min

    Les rumeurs en provenance de Pimco ne sont pas à prendre à la légère, puisque c’es le plus gros fonds de pension au monde, après c’est vrai que cela peut être un coup de bluff pour orienter le marché dans la direction inverse, plus que jamais ne rien prendre pour argent comptant.. sans aucun jeu de mot 😉

  4. Greg

    6 mai 2015 at 10 h 31 min

    A voir si la tendance se confirmera mais il est clair que le marché obligataire européen est tendu, tout comme la situation sur les places boursières européennes cette semaine, la peur d’un Grexit serait elle en train de gagner les marchés ?

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