Glencore serait-il le nouveau Lehman Brothers de 2015 ?

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Tout le monde se souvient encore de la faillite de Lehman Brothers en 2008, lorsque la puissante banque a fait faillite, les bourses du monde entier ont commencé à baisser de manière frénétique au point même que plusieurs banques centrales ont dû abaisser en même temps leurs taux directeurs pour tenter d’enrayer la crise.

Cette crise, d’ailleurs, qui ne fût en réalité jamais enrayée et qui laisse encore de nombreuses marques dans notre économie réelle.

7 ans pour revenir tout en haut

Pour les indices boursiers, il aura fallu attendre 7 ans avant de revenir sur les niveaux de 2008, et tout n’est pas encore gagné à cause de la correction monstre que l’on a connu en août 2015 sur les indices boursiers.

Août 2015 : un mois sanglant

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Vous pouvez le juger de vous même : voici le graphique du S&P500 sur les mois de juillet et août 2015 : plus de 15% de baisse !

Depuis, nous avons tout de même bien remonté cette pente ardue, mais voilà un nouveau problème qui commence à venir, et ce problème vient tout droit du Royaume-Uni.

Le marché des matières premières cette année

Cette année, le marché des matières premières, marché principalement côté en dollars américains (USD) s’est particulièrement fait matraqué à cause de la hausse du dollar américain face aux autres devises. Une hausse de près de 35% si on reprend le dollar depuis ses plus bas (dollar index 76 au plus bas, 99 aujourd’hui !)

Toutes les matières premières n’ont pas été épargnées : maïs, blé, pétrole, gaz naturel, or, argent, platine, palladium, etc…. et l’actif le plus touché par cette hausse du dollar est le pétrole.

Chute vertigineuse des cours du pétrole

La hausse du dollar combinée à une demande qui s’affaiblit et une offre surabondante a fait chuter le pétrole de plus de 65%, avec un cours du pétrole tombant de 120$ à 40$ par baril !

Si pour les particuliers, la baisse du pétrole est une aubaine pour leur pouvoir d’achat, il faut aussi se mettre du côté des entreprises qui emploient cette matière première pour en tirer quelconque bénéfice. Glencore est une de ces sociétés à l’heure actuelle qui utilise principalement le pétrole comme matière première.

Au delà du pétrole, Glencore trade également avec le Zinc, l’aluminium, le cuivre, le charbon et quelques énergies renouvelables  : ces valeurs ont également largement baissé pendant tout le courant 2015. Et cela a eu plusieurs répercussions sur le titre qui est fortement malmené.

Glencore : 70% de baisse cette année

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Glencore valait en octobre 2014 encore un peu plus de 300 GBX (les actions anglaises sont cotées en pences, et non en livres sterling) et aujourd’hui, 1 an plus tard, l’action ne vaut plus que 93,11 GBX (soit une baisse de 70% en un an).

La société qui à la base avait un poids de 60 milliards de livres n’en vaut plus que 12,8 milliards… une faillite qui s’annonce ?

Glencore : la faillite qui fait peur

Si le plongeon des matières premières continue et s’accentue sur le long terme, Glencore risque d’accumuler les pertes nettes et risque de faire trembler le monde financier si la société venait à faire faillite.

La compagnie de négoce Glencore, subit de plein fouet le recul du prix des matières premières et elle supporte 30 milliards de dollars de dette depuis le rachat de son rival XStrata en 2012. Selon Bank of America, le système financier mondial a une exposition globale d’environ 100 milliards de dollars sur Glencore, la faillite du numéro un mondial du négoce de matières premières serait donc un événement majeur. L’article d’Investment Rglencoreesearch Dynamics cité plus haut relie d’ailleurs le problème de liquidité de septembre avec la société basée à Zurich qui a connu au même moment (le 28 septembre) un mini-krach sur son cours boursier. Et derrière Glencore se profile sa principale banque, le Crédit Suisse…

Qui de Glencore ou de la Deutsche Bank servira de déclencheur d’une prochaine crise ? Peut être une autre société à laquelle personne n’aura pensé mais, quoi qu’il en soit, les marchés deviennent plus erratiques, la volatilité augmente, les crises ponctuelles de liquidité se répètent ; un maillon va lâcher quelque part. Et quand ça lachera, personne ne sera au courant ou alors il sera bien trop tard pour réagir à quoi que ce soit….

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Un conseiller vous contactera pour vous expliquer comment se positionner sur la bourse.

3 Comments
  1. Fabrice

    13 novembre 2015 at 20 h 06 min

    Pour complèter l’article, le passif de Glencore est d’environ 30 milliards de dollars de dettes, en plus de 19 milliards de dollars de valeurs exposées au risque sur un montant nominal de 2000 milliards de dollars sur des contrats sur dérivés, auquels il faut ajouter les produits structurés hors cote et hors bilan, une vraie arme financière de destruction massive

  2. matthieu

    13 novembre 2015 at 20 h 12 min

    La chute de Glencore entraînerait celle de la banque suisse deja systèmique le Crédit Suisse elle même engagé sur le trading de matières premières avec 50 milliards d’exposition. Le scénario AIG coulée a cause des contreparties est bien enclenché

    • Quentin

      14 novembre 2015 at 17 h 00 min

      oui et c’est pour cela d’ailleurs que Glencore inquiète pas mal les opérateurs boursiers. Pour moi, ça sent l’énorme carnage

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