Fin du statut des intermittents du spectacle : quelles entreprises vont être affectées ?

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statut des intermittents du spectacleApparu en 1936 pour permettre à l’entreprise du spectacle de trouver du personnel, le statut d’intermittent est devenu petit à petit l’un des plus grands fardeaux de la finance publique. Typiquement français, les intermittents du spectacle bénéficient de privilèges commençant à faire grincer des dents, en ces périodes de croissance basse. Ce qui d’ailleurs continue d’alimenter le débat sur ce phénomène qui coûte des millions chaque année à l’Etat français. Un débat à l’issu duquel, le patronat et les syndicats ont convenus de nouvelles mesures qui sont entrées en vigueur début Juillet. Ce qui n’est pas sans conséquences aussi bien sur les intermittents que sur leurs employeurs. Ainsi depuis Juillet 2014, c’est un nouvel air qui souffle sur le spectacle français. Qui sont donc ces fameux intermittents qui font l’objet de toutes ces polémiques ? Quelles sont les nouvelles mesures prises ? Quelles entreprises souffriront de l’abolition de ce statut ? Voila les questions auxquelles je tenterais de répondre dans cet article.


Régime des intermittents du spectacle : une… par lemondefr

Qui sont les intermittents du spectacle ?

Tous ceux qui évoluent de près ou de loin dans le monde du spectacle et de la culture bénéficient du régime des intermittents. Il s’agit en clair des techniciens, des chanteurs, acteurs bref de tous les artistes qui travaillent dans le domaine du spectacle. Ils sont appelés ainsi parce qu’ils travaillent par intermittence c’est-à-dire en alternance entre emploi et chômage. Ils sont employés par les entreprises du spectacle ou de l’audiovisuel et bénéficient d’un régime particulier qui leur permet d’être payés sans même travailler. En clair, s’ils travaillent trois mois sur dix, les intermittents du spectacle peuvent être rémunérés huit mois sans travailler. Un statut tout à fait intéressant mais très ségrégationniste envers les autres travailleurs. C’est dire que l’état leur accorde des indemnités et allocations de chômage qui leur garantit un bon niveau de vie. Ce qui n’est pas du tout étonnant car l’état français s’est engagé à soutenir et à élever l’art et la culture au plus haut niveau. Des privilèges qui ne manquent pas de conséquences puisqu’ils contribuent à peser lourdement et de plus en plus la dépense publique.

De nouvelles règles pour l’assurance-chômage

medef-Jean-Francois Pilliard Les 21 et 22 mars dernier ont été le théâtre de toutes les controverses entre le MEDEF et les syndicats. Deux jours de négociations intenses entre les deux parties avant de s’entendre sur les nouvelles dispositions à mettre en place pour une révision de l’assurance-chômage des intermittents. Aux termes des discussions, le MEDEF s’est entendu avec les syndicats sur de nouvelles réformes qui ont pris effet en juillet 2014. Parmi les ententes, figure le très sérieux problème des indemnités. Celles-ci seront réduites de 70% des sommes en temps d’emploi. Ce qui diminuera considérablement l’assurance-chômage et encouragera certainement les intermittents du spectacle chômeurs à trouver rapidement du travail. Outre cette disposition, les deux parties se sont aussi entendues sur le cumul d’indemnités et de revenus. Sur ce point, il n’est plus possible de cumuler plus de 5 475,75 euros de salaire et d’indemnités mensuelles. A cela s’ajoute des cotisations majorées à deux points et l’allongement des jours de carences. Ensuite, les salariés de plus de 60 ans seront aussi soumis aux cotisations. Ainsi, l’application de ces mesures assurera des économies de 800 millions d’euros aux finances publiques. Une somme importante qui pourrait donner un coup de pouce pour alléger la dette Française.

Les perdants dans cette histoire

intermittents-spectacleLes grands perdants dans ces nouvelles mesures mettant fin au statut des intermittents du spectacle sont sans nul doute l’industrie de la télévision et du cinéma qui emploient plus de 80% de leurs effectifs sous le statut d’intermittents. Deux géants de l’audiovisuel avec pourtant des chiffres d’affaires exorbitants mais qui bénéficient quand même des largesses de l’État. C’est effectivement ce qui se passe puisque c’est l’État qui paye en partie leurs employés. Dorénavant, avec ces nouvelles reformes, la participation de l’État dans les assurances-chômages des intermittents sera réduite. Outre les chaines de télé et le cinéma, cette réforme impactera de plein fouet le spectacle vivant. Et particulièrement le petit théâtre de province qui employait un nombre conséquent d’intermittents et qui se verra affaiblit par ses dispositions. Je peux dire même qu’il sera la principale victime par rapport aux grandes chaines de télévisions qui disposent d’énormes moyens. Ainsi la prochaine application de ces mesures n’affectera pas tout seulement les intermittents mais aussi et surtout leurs employeurs qui risquent de manquer de personnel.

Conclusion

En somme, la fin du statut d’intermittents est plus que raisonnable, bien que les entreprises concernées soient affectées. Mais ce qui intéressant de noter c’est que ce régime était un gâchis des fonds publics donc une entrave au développement, au moment où la France manquera vraisemblablement son objectif de 3% de dépenses publiques.

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7 Comments
  1. Jean Luc

    19 août 2014 at 9 h 42 min

    Il faut bien reconnaître que le statut d’intermittent est trop avantageux, comparés aux autre corps de métiers, tant que de telles disparités seront présentes entre secteur public et privé, je crains que la paix sociale en France soit toujours menacée.

  2. Margot

    19 août 2014 at 9 h 46 min

    Je pense qu’il faut faire une distinction entre les intermittents dans le spectacle vivant et ceux de l’audiovisuel, alors oui leur indemnisation coûte au bas mot 1 milliard d’euro par an. Mais qu’en est il des revenus qu’ils génèrent? par les concerts, spectacles et festivals en été, allons un peu d’honnêteté quand même plutôt que de casser du sucre sur leur dos

  3. Dimitri

    19 août 2014 at 9 h 51 min

    Trop de social tue le social, les avantages réunis de toutes les castes, profs cheminots intermittents commencent a réellement peser sur les retraites futures, il est grand temps de faire le ménage dans ces passes droits accordés a seules fins électorales, sinon les intérêts individuels risquent de faire exploser l’unité nationale, alors que le monde entre dans un nouveau paradigme, celui de la croissance molle

  4. alim

    19 août 2014 at 19 h 46 min

    A mon avis, le Medef a bien fait de revoir ce régime très couteux qu’est l’intermittence. Car franchement c’est du favoritisme pur et simple. Alors son abolition ne sera que justice envers les autres travailleurs.

  5. Valerie

    19 août 2014 at 19 h 48 min

    Vous avez parfaitement raison, cette magouille à assez durée comme ça. Des décennies de gâchis vont enfin s’arrêter pour permettre à la finance publique de souffler un peu. Mieux veux tard que jamais. Je trouve que c’est une avancée significative vers plus d’égalité.

  6. Pedro

    19 août 2014 at 19 h 53 min

    Moi je trouve que c’est un très bel bond en arrière. C’est vraie quoi, ce qui tue la culture tue aussi le progrès. Notre pays a toujours était au devant de la scène en ce qui concerne l’art et la culture et voila des mesures qui viennent aujourd’hui mettre fin à cette belle histoire. Ce qui signifie que nous n’avançons pas du tout mais nous tendons vers la sous-culture, vers la médiocrité.

  7. Sara

    19 août 2014 at 19 h 54 min

    Je pense qu’il n’est pas nécessaire d’en faire tout un drame. Apres tout c’est le contexte qui le demande. Alors acceptons la décision de l’autorité et allons de l’avant.

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