Fin des 35 heures : faut-il miser sur le retour du marché français ?

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carriere-35heuresLa polémique créée par les déclarations d’Emmanuel Macron remettant en cause les 35 heures a été close par la sortie du premier Ministre Manuel Valls réaffirmant qu’il n’y aura pas de remise en cause de la loi Aubry votée en 2000, je le cite « d’autant que l’organisation du temps de travail peut déjà être modulée dans les entreprises via des accords collectifs. ». Dans cet article je vais tenter de répondre à la double question « Quel est l’impact des 35 heures sur l’économie française, et en cas de fin des 35 heures : faut-il miser sur le retour du marché français ? À ce titre un sondage récent réalisé par l’IFOP révèle que 65% des Français sont favorables à des modifications du temps de travail lorsqu’une majorité des salariés d’une entreprise sont d’accord. Plus de dix ans après les débuts de la réforme du temps de travail, les opinions des experts divergent sur l’impact véritable des 35 heures sur l’économie Française. Les études ont des difficultés à fournir un décompte précis du nombre d'emplois créés grâce aux 35 heures. Toutefois un certain consensus s’établit autour de 350.000 emplois créés entre 1998 et 2002. Soit deux fois moins que ce qu’annonçait le P.S. Des chiffres qu’il faut relativiser, et ce d’autant plus qu’à l’époque la France profitait d’un taux de croissance compris entre 3,3 % et 3,9 %.


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Les 35 heures début de la divergence entre France et Allemagne

44962323a5a8d51b85a3236382b3aDes études économiques situent la rupture entre la France et l’Allemagne au début des années 2000. Elles soulignent le recul des exportations tricolores dans le total des exportations des pays de la zone euro, passant de 17% en 1998 à 13,1% en 2010. « Au début des années 2000, l’Allemagne se réforme avec « l’agenda 2010» sous l’impulsion du chancelier Gerhard Schroeder qui met en place une stratégie de compétitivité connue sous le nom des lois Hartz. Des mesures basées sur la maîtrise des finances publiques, une flexibilisation du marché du travail et une politique de modération salariale. A la même période, la France met en place un cadre législatif pour une réduction forte et uniforme de la durée du travail, ce qui a eu pour conséquences de soumettre la productivité des sociétés françaises à des contraintes quantitatives fortes. En bridant son offre par la baisse de sa production », la France n’a pas réellement profité de la croissance mondiale entre 1999 et 2007 qui furent une période exceptionnelle en partie avec l’arrivée de la Chine sur l’échiquier mondial de l’offre mais aussi de la demande.

De très nombreuses possibilités d’assouplissements…

35_heures_le_debat_4-3-345x258La prise de conscience du poids des 35 heures sur la compétitivité de l’économie Française n’est pas récente. Depuis 2003, de nombreuses lois comme la loi Fillon ont tenté d’assouplir la réglementation sur le temps de travail, à défaut de leur suppression pure et simple. En 2011 Le président Sarkozy déclarait que « les 35 heures uniformes et obligatoires n’existent plus ». La loi d’août 2008 a parachevé l’ensemble en donnant une très grande latitude aux entreprises pour augmenter et organiser le temps de travail (possibilité de fixer son propre contingent d’heures supplémentaires, recours étendu aux forfaits jours, assouplissement du repos compensateur) sous réserve d’accord avec les syndicats ou les représentants du personnel. Tous ces efforts vont dans le bon sens, pour que la France retrouve son lustre d’antan et retrouve une place de leader économique dans la zone euro. L’espoir est permis car si aujourd’hui il est reconnu que le travail ne se partage pas mais ce crée, force est de reconnaitre à la lumière de nombreuses études que les travailleurs Français en dépit des 35 heures ont un niveau de productivité élevé, parmi le meilleur au monde. Dès lors on peut espérer qu’une fois que ce goulot d’étranglement aura sauté, nous assisterons à un retour en force de la France parmi les locomotives économiques.

Conclusion

Il n’est pas évident de mesurer l’impact réel des 35 heures en marge des autres variables affectant l’économie (croissance, taux de chômage, compétitivité structurelle…). En revanche le cout de cette mesure est exorbitant ; avec comme effet pervers l’impossibilité de recourir à la main d’œuvre en cas de hausse soudaine de l’activité. Gageons que le débat ouvert par les déclarations d’Emmanuel Macron porterons les discussions vers plus de flexibilité et moins de contraintes à l’embauche, car le droit du travail Français est particulièrement complexe ce qui pèse inévitablement sur les décisions des décideurs qui y regardent plutôt deux fois qu’une avant de recruter, d’où un marché du travail déprimé tout comme la compétitivité des entreprises françaises.

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5 Comments
  1. kevin

    5 septembre 2014 at 10 h 33 min

    Excellent article, qui souligne un paradoxe je n’aurais jamais imaginé que tant de travailleurs soit favorables à la suppression des 35 heures

  2. Romain

    5 septembre 2014 at 10 h 36 min

    C’est vrai que la France à le chic pour se pénaliser toute seule, car nous avons besoin de regagner de la compétitivité. Une mesure qui était sensée protéger les salariés se retourne contre elle car les rythmes sont durs a tenir, d’ou une recrudescence de l’absentéisme et des burn out

  3. Michel

    5 septembre 2014 at 10 h 38 min

    Nous sommes trop attachés a nos RTT, il sera difficile de revenir en arrière, et on ne devrait pas minimiser l’apport des 35 heures qui ont permis de développer le business des loisirs.

  4. Serge

    5 septembre 2014 at 10 h 41 min

    La loi Aubry sur les 35 heures est détricotée dans tous les sens, c’est de toute façon une aberration surtout en ces périodes de crise, le partage du travail ne fonctionne pas, il faut créer des emplois c’est la seule solution pour faire baisser le chômage, et si les gens veulent travailler plus pourquoi les en empêcher?

  5. Jean claude

    9 septembre 2014 at 11 h 03 min

    Revoir les 35 heures c’est la moindre des choses si l’on veut retrouver un peu de compétitivité, d’autant plus que ça pèse sur les employés soumis a des rythmes effrénés, résultats des courses un taux d’absentéisme qui grimpe en flèche.

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