Le fédéralisme européen peut-il sauver l’Euro ?

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9251336729129Lorsque la Banque Centrale Européenne a annoncé à travers son président Mario Draghi qu’elle allait tout faire pour sauver l’euro, durant l’été 2012 au cœur de la crise de la dette souveraine. La BCE s’est engagé à acheter les dettes publiques des pays en difficulté de la zone euro, l’effet a été immédiat sur les marchés financiers, induisant une détente progressive sur les taux d’intérêt payés par ces pays qui ont beaucoup baissé. Mari Draghi apparaissait alors comme l’homme ayant sauvé l’Euro. 24 mois plus tard de nouvelles menaces planent sur l’Euroland, une croissance faible due à un manque de réformes structurelles, et une inflation très faible. Les limites de la politique monétaire semblent désormais être atteintes, à défaut d’avoir à sauver l’euro une nouvelle fois. La BCE milite pour plus de réformes notant l’incapacité de certains pays à financer leurs déficits public et extérieur, Mario Draghi rappelle que le mandat de la BCE vise à assurer la stabilité des prix et non la lutte contre le chômage comme son homologue américain la Réserve Fédérale. Justement ce que semble poindre les problèmes chroniques de la zone euro c’est le manque de cohésion entre les états membres. Dès lors il est légitime de se poser la question Le fédéralisme européen peut-il sauver l’Euro ? C’est ce que je vous propose de découvrir dans cet article.

Un manque d’homogénéité flagrant des états membres

ratios-dette-publique-sur-PIB--pays-peripLes différences structurelles des pays de la zone euro sont le principal facteur ayant mené à la crise de la dette souveraine. Un peu comme dans une course automobile ou les participants ne disposerait pas des mêmes moteurs. En effet chaque pays dispose de différents avantages compétitifs, le niveau de qualification de leur population active, la localisation géographique du pays, les montants dédiés à l’investissement à travers la recherche. Le facteur central derrière la crise de la zone euro est en effet l’hétérogénéité des pays de la zone euro. Les différences sont flagrantes entre certains pays, ainsi un pays comme l’Allemagne dispose d’une industrie forte tournée vers l’exportation, tandis que l’économie de la France est tournée vers les services, ou qu’un pays comme l’Italie navigue entre les deux modèles. Cette différenciation à un impact fort sur leur balance commerciale, les pays fortement industrialisés du nord de l’Europe dégage rapidement des excédents extérieurs, tandis que ceux désindustrialisés souffre de déficits extérieurs structurels. Cette situation attise les antagonismes au sein de la zone Euro, et menace son unité politique et à terme monétaire. La crise de la dette fut le premier coup de semonce, après que les pays désindustrialisés (Espagne, Italie, en Grèce, Portugal) aient accumulés une dette extérieure intenable menant à une crise financière suite à la perte de la solvabilité externe de ces pays. Quelles sont alors les solutions ? Le fédéralisme européen peut-il vraiment tout régler ?

Crises politiques, sociales ou fédéralisme européen, l’Europe va devoir choisir

resultat-du-referendum-en-ecosse-11265509mfasvLe fédéralisme consiste à opérer des transferts de revenus des pays industriels, riches et excédentaires en commerce extérieur vers les pays désindustrialisés, plus pauvres et déficitaires, comme cela se fait naturellement entre les régions au sein d’un même pays. Ces transferts estimés à près de 600 milliards d’euros par an, d’une part permettraient de lutter contre des écarts trop importants des niveaux de revenus entre les pays de l’Euroland, tout en permettant de lutter contre l’endettement sur les marchés des états du Sud via une compensation efficace des déficits commerciaux puisque la majorité de ces pays sont dotés d’une économie basée sur les services. Comme l’on peut s’en douter les pays du Nord ne voit pas d’un très bon œil se transfert de richesses. Le rejet du fédéralisme, de « l’union de transfert » par les pays du Nord de la zone euro à de beaux jours devant lui. Les velléités sécessionnistes réapparaissent aux quatre coins de l’Europe, après le référendum écossais, le projet Catalan et la chimère d’une sécession de l’Italie du Nord industrielle avec celle du Sud plus pauvre il est légitime de se demander si l’on ne va pas plutôt dans le sens opposé au fédéralisme. La réalité est implacable sans la mise en place de dispositifs allant dans le sens du fédéralisme, l’Euro sera toujours menacé d’implosion, pas forcément pour des causes financières, mais car la zone Euro cédera aux coups de boutoirs de crises politiques et sociales insolubles.

Franck Dedieu, Xerfi Canal Sauve qui peut hors… par GroupeXerfi

Conclusion

rubik-cube-europeL’affrontement des partisans du fédéralisme et ceux de l’indépendantisme est encore monté d’un cran ces derniers mois, entre mouvements identitaires voire nationaliste comme celui en Espagne, en Wallonie ou en écosse. L’avenir de l’idée d’une Europe unifiée semble se jouer sous nos yeux, alors que les eurosceptiques gagnent du terrain dans la majorité des pays. Sauver l’euro nécessitera donc de faire plus d’Europe, et de construire les bases d’un fédéralisme européen et éclairé soutenu par les peuples, une gageure car ceux-ci sont de plus en plus méfiants vis-à-vis du pouvoir de Bruxelles.

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4 Comments
  1. Pascal

    9 octobre 2014 at 11 h 44 min

    Même si l’idée de l’Europe reste noble, lorsqu’il s’agit de finances les plus belles idées se heurtent à la dure réalité.Fédéralisme veut dire partage des richesses, dès lors on peut se douter que cette solution n’est pas prête d’être appliquée.

  2. Mattieu

    9 octobre 2014 at 11 h 51 min

    L’Euro est une anomalie, comme vous le dites dans cet article difficile de faire cohabiter des états si différents au sein d’une union monétaire. Les résultats ne sont pas surprenants, la concurrence entre les états membres est impitoyable. Dès lors je ne pense pas que les nations riches acceptent de payer pour les plus pauvres.

  3. Victor

    9 octobre 2014 at 11 h 56 min

    Le fédéralisme est la seule solution pour sauver la monnaie unique, malgré le nombre croissant des eurosceptiques.

  4. Valérie

    9 octobre 2014 at 12 h 01 min

    Il est trop tard pour faire machine arrière, la construction européenne doit aller de l’avant. C’est seulement avec plus d’Europe et une fédéralisation que l’on avancera. Peut être optimiste mais nos états seuls dans ce monde mondialisé ne feront pas le poids face aux géants Asiatiques ou Américain.

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