En quoi la liquidité reste le moteur de la hausse des actions

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mario-draghi-bce-qeAlors que les marchés financiers semblent accuser le coup, en partie à cause du ralentissement de la Chine. Le président de la banque centrale européenne Mario Draghi a rassuré les marchés lors de la conférence de presse tenue le jeudi 3 septembre. En effet, Super Mario, comme on l’appelle à la BCE, à encore martelé que son institution n’avait pas utilisé tous les outils, et qu’elle était prête en faire plus afin de soutenir les prix dans la zone euro. L’on se souviendra de sa fameuse phrase lors de la crise de la dette souveraine en 2011 « Whatever it takes », force est de constater que Mario draghi possède toujours le verbe magique, puisque celui-ci a déclaré qu’il n’y avait « pas spécialement de limites » à une action plus poussée. « Il n’y a pas spécialement de limites dans la capacité qu’a la BCE d’augmenter la voilure de sa politique monétaire« , à part celles de son mandat. Soulignant « la volonté d’agir, l’état de préparation pour agir et la capacité à agir » du conseil des gouverneurs, organe de décision de l’institution. L’occasion pour moi dans cet article de revenir sur un point essentiel qui détermine la tendance des marchés depuis la crise de 2008, la liquidité et ses effets sur les cours boursiers, mais aussi dans l’économie réelle.

Du changement de nature des marchés boursiers

Federal-ReserveEn effet nombreux sont les analystes qui estiment que nous sommes toujours dans un marché haussier, un constat qui n’est pas faux mais qu’il faut toutefois modérer. Car si la hausse des marchés boursiers ne peut être démentie, encore faut-il comprendre les mécanismes de ce marché haussier qui dure depuis sept ans déjà. Ainsi force est de constater que deux choses ont permis le plus grand marché haussier de tous les temps, d’exister: la politique de taux zéro de la Fed et les programmes de QE de la Fed. Si aujourd’hui, l’assouplissement quantitatif américain a été arrêté, la politique des taux d’intérêt zéro semble ne plus suffire pour maintenir les cours boursiers à Wall Street. À tel point que nombreux sont les analystes à estimer qu’aujourd’hui nous ne sommes plus dans un marché haussier aux États-Unis, mais que nous sommes entrés dans un marché baissier. D’autres estiment que la correction de ces dernières semaines n’est que temporaire, et qu’elle constitue un excellent point d’entrée. En effet, les analystes les plus Bullish estiment que d’ici quatre mois la bourse américaine aura effacé ses pertes. À l’inverse, les quelques analystes Bearish estiment au contraire qu’il faudra bien plus de temps pour voir une solide tendance à la hausse. Les arguments avancés sont qu’après la crise de 1929, il aura fallu attendre 27 ans pour retrouver les sommets. Ainsi le sommet du milieu des années 60 n’a pas été retrouvé avant le milieu des années 80, 20 ans plus tard. Et au Japon, les actions ne sont toujours pas revenues à leur sommet de 1989, il y a 26 ans de ça.

Légère correction ou tendance baissière de fond ?

Si les corrections dans un marché haussier sont une chose tout à fait naturelle et saine, les marchés baissiers en sont une autre, tout à fait différente. Aujourd’hui nous sommes dans un nouveau paradigme, et ce qui détermine le sens des marchés, c’est les flux financiers, d’où l’importance des liquidités. En effet, les économistes s’accordent à dire que c’est bien l’excès de liquidité qui ont fait grimper les cours boursiers ces cinq dernières années, et non les revenus ni la croissance, ni la productivité ou encore les investissements ou l’épargne. Ainsi pour lutter après la crise des surprimes, la réserve fédérale américaine a inondé de crédit le gouvernement, les entreprises et les ménages américains avec des taux au plus bas. Ainsi la Fed a utilisé sa capacité à créer du crédit pour acheter des bons du Trésor, si aujourd’hui celle-ci a arrêté sa politique d’expansion monétaire, elle a le plus grand mal du monde à normaliser cette politique, comme en atteste la valse-hésitation sur le relèvement des taux directeurs prévus en septembre ou en décembre de cette année. Les principales banques centrales de la planète ont emboîté le pas, et celles-ci achètent des obligations à tour de bras, poussant les investisseurs à se réfugier dans des actifs risqués.

Conclusion

Alors qu’aujourd’hui le bilan de la réserve fédérale est stabilisé, le resserrement de la liquidité a pour conséquence de maintenir une pression à la baisse sur les marchés boursiers. Dès lors on peut s’attendre à de véritables secousses, lorsque la liquidité viendra à manquer. Une correction de près de 30 % est à redouter sur les principales places financières, pour autant il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Plus que jamais il faudra être sélectif dans son allocation d’actifs sous peine de subir de lourdes pertes sur son portefeuille boursier.

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2 Comments
  1. Jerôme

    8 septembre 2015 at 8 h 22 min

    Il ne fait pas de doute que la liquidité est plus que jamais indispensable pour maintenir le niveau actuel des marchés.

  2. François

    8 septembre 2015 at 8 h 26 min

    Bien évidemment la liquidité est essentielle pour maintenir les actions, mais l’on oublie souvent que sans les planches a billet apres la crise de 2008, l’économie mondiale serait encore au tapis

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