Croissance en France, Angleterre et Allemagne : énormes différences pour des pays si proches

722 vues 5 Commentaires

La-France-n-en-finit-pas-de-devisser_article_landscape_pm_v8Depuis la crise de 2008, le contraste est saisissant entre les économies reposant sur la stimulation de la consommation par l’endettement public, la fameuse politique Keynésienne comme en France, et celles focalisées sur la maîtrise des déficits et la compétitivité, les politiques d’austérité comme en Allemagne ou au Royaume Uni. Des nations qui finalement incarnent un modèle original d’économie libérale mais mal connu. Contrairement à la réaction générale à la crise des années 1930 qui a consacré l’activisme des politiques économiques, l’Allemagne s’est reconstruite après la guerre, sur un modèle d’économie sociale de marché : la légitimité sociale fondamentale réside dans la société ; l’État emploie la politique économique pour atteindre un objectif de stabilité : il est avant tout le garant d’un ordre social. Même son de cloche Outre-Manche. Même si l’ultralibéralisme ne paye plus autant face aux stratégies élaborées autour d’un état fort des puissances émergentes. Et malgré les récents progrès enregistrés au cours de l’année 2013, l’Angleterre ne reviendra probablement pas de sitôt aux niveaux qui furent les siens lorsqu’elle était le premier empire colonial. Pourtant, le Royaume-Uni obtient des résultats bien meilleurs que ceux de ses voisins européens avec en premier lieu la France et l’Allemagne. Voyons ensemble pourquoi la croissance en France, Angleterre et Allemagne : énormes différences pour des pays si proches.


Hollande, Cameron et Merkel au sommet de l’UE… par afp

La réforme des sociaux-démocrates Français est-elle en marche ?

HollandeJusqu’au récent virage vers une politique de l’offre, les gouvernements français depuis celui de Nicolas Sarkozy et maintenant de François Hollande qui mène une politique keynésienne comme énoncé précédemment. L’augmentation du déficit public avait pour objectif de compenser la faiblesse de la demande. Avec pour seul bémol un prix que le président Hollande a négligé lors du célèbre meeting du Bourget et la non moins fameuse phrase «mon ennemi c’est la finance». Toujours est-il que ce sont les investisseurs internationaux qui achètent l’essentiel de cette dette supplémentaire. Sur fond de crise de la zone euro, le gouvernement français n’a réussi qu’à augmenter les impôts pour les rassurer et continuer d’emprunter à bon marché. À l’heure du gouvernement Valls 2, centré sur une politique de l’offre, sociale-démocrate revendiquée, il est légitime de se demander quelles sont les chances de succès de ce nouveau gouvernement de clarté, alors que la France n’atteindra pas une fois encore l’équilibre budgétaire avec 4% du PIB, et un taux de chômage dont la courbe ne s’inverse pas. Les marchés ont accueillis positivement la nomination de M. Emmanuel Macron au poste de ministre de l’économie laissé vacant par l’évincement du trublion M. Montebourg, un signal fort laissant à penser que la France est prête à s’engager sur le chemin des réformes réclamées depuis fort longtemps par Bruxelles.

Le modèle allemand, un modèle exceptionnel ?

merkelLe produit intérieur brut de l’Allemagne a subi un ralentissement brutal au second trimestre se dégradant de 0,2 %, selon un chiffre provisoire du 14 Aout 2014. Pire que ce qui était attendu, les chiffres qui nous viennent d’outre-Rhin ne sont guère rassurant pour l’union européenne alors que la France, voit elle aussi son PIB faire du surplace. Ce recul trouve son origine dans le déficit du commerce extérieur et la baisse des investissements, deux forces de l’économie allemande. C’est donc logiquement que a croissance du premier trimestre a été révisée à 0,7 %, contre 0,8 % initialement prévus. La balance commerciale Allemande est dorénavant négative et continue de se dégrader. Les exportations ont été inférieures aux importations par rapport au trimestre précédent ». Les tensions géopolitiques en Ukraine notamment semblent aussi accentuer ce phénomène. Malgré ce net recul l’économie allemande pourrait encore redémarrer, commente l’Office de la statistique. L’optimisme est de rigueur pour les principales institutions nationales et internationales qui tablent pour 2014 sur une croissance du PIB comprise entre 1,7 % et 1,9 %.

Injections de liquidité et taux bas, un succès britannique ?

David-CameronL’économie Anglaise a clairement rebondi en 2013, avec une croissance affichée de 1,9%, et une estimation pour 2014 de 3,5%, le gouvernement Cameron est en bonne position pour les prochaines élections.  La récession induite par les pertes créées par l’effondrement du secteur financier en 2007 est en passe d’être effacée en Albion. On se souviendra qu’en 2012, l’économie du Royaume-Uni, avait alterné trimestres de croissance et de contraction, pour finir l’exercice à seulement +0,1%). Tirée par la politique ultra accommodante de la Banque d’ Angleterre, qui a injecté des milliards de livres dans le système financier, a permis de booster la consommation et le marché immobilier, le rebond de l’économie britannique a été spectaculaire depuis début 2013. Bien au-delà de la prévision officielle de 1,4%. Alors que ses voisins n’ont enregistrés que 0,4% pour l’Allemagne et la 0,1% pour la France. Le taux de chômage en Angleterre profite aussi de cette embellie avec une baisse significative pour passer sous les 6% d’ici fin 2014, et flirter avec 5,5% l’année prochaine

Conclusion

France, Allemagne, Royaume-Uni des piliers de l’Europe, se trouvant face aux conséquences de leurs choix économiques. Leurs fortunes sont diverses alors que la France avait plutôt bien résistée après la crise de 2008, l’Angleterre de son côté a été frappée de plein fouet de par sa grande exposition au secteur financier semble aujourd’hui se remettre plus facilement que ses voisins. Quant à l’Allemagne, premier élève de la classe semble aujourd’hui être rattrapée par son modèle tourné vers l’exportation et délaissant la consommation intérieure. On peut toutefois parier que les disparités tendront à s’effacer avec des économies aussi interdépendantes les unes des autres.

COMPLÉTEZ CE FORMULAIRE

Un conseiller vous contactera pour vous expliquer comment se positionner sur la bourse.

5 Comments
  1. éric

    27 août 2014 at 19 h 34 min

    J’entends déjà les grincheux en France crier Haro à la nomination d’Emmanuel Macron au poste de ministre de l’économie, sous prétexte qu’il soit un ancien de Rothschild. Je leur dirait tout simplement qui de mieux pour lutter contre la finance folle qu’un spécialiste de la banque d’affaire?

  2. Francis

    27 août 2014 at 19 h 36 min

    Le modèle allemand doit beucoup à sa réussite aux millions de petits salaires de moins de 400€. Et encore il a fallu batailler ferme avec la chancelière allemande pour accepter un smic en allemagne. Comment vivre dignement en 2014 avec moins de 400e par mois?

  3. Michel

    27 août 2014 at 19 h 38 min

    Avec la poussée des pays émergents l’europe n’a d’autre choix que de se tourner vers les postes a haute qualification si elle veut renouer avec une croissance digne de ce nom. Ce qui sous entend un réel effort dans l’éducation et la formation, ce qui est loin d’etre gagné avec les politiques d’austérité

  4. Thierry

    28 août 2014 at 20 h 46 min

    Les différences de croissance ne peuvent pas seulement être expliquées par les politiques diamétralement opposées par ces nations. L’euro joue un rôle évident dans ces disparités, comment une monnaie unique peut elle convenir a des pays ayant des différences si flagrantes quant a leurs politiques monétaires?

  5. Christophe

    28 août 2014 at 20 h 49 min

    Enfin un article qui souligne les faiblesses de la politique allemande, car nos voisins ne feront guère mieux que nous cette année avec une croissance proche de zéro, seul le royaume uni affiche une reprise digne de ce nom avec ses 3% pour 2014.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *