Le CICE a réussi l’exploit de détruire des emplois

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ciceVéritable coup de massue asséné au CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l'emploi) Une mesure qui permet un remboursement aux entreprises par l’État sous forme de restitution d’impôt, de 4% de la masse salariale en 2013, puis 6% en 2014 (pour les salaires allant jusqu’à 2800 euros brut). Selon la rapporteure générale du Budget, la députée socialiste du Tarn et Garonne Mme Valérie Rabault, le plan d’économies pourrait détruire de nombreux emplois. La baisse de 50 milliards d’Euros à l’horizon 2017 pour le pacte de responsabilité et de solidarité équivalent à deux points de PIB pourrait avoir un impact négatif chiffré selon elle à environ 0,7% de croissance par an jusque 2017. Pour obtenir ces chiffres Mme Rabault s’est même rendue début septembre au ministère des finances afin d’obtenir des éléments de réponse à ses interrogations. La destruction d’emplois s’établirait à un niveau inquiétant de 250.000 emplois à la fin du quinquennat Hollande. Des chiffres qu’il faut toutefois moduler, car si il est reconnu par de nombreux économistes que la baisse des dépenses publiques à un impact récessif sur la croissance, les économies sur les dépenses de l’état ne se valent pas toutes. C’est ce que je vous propose de découvrir dans cet article afin de comprendre comment le CICE a réussi l’exploit de détruire des emplois.


Olivier Passet, Xerfi Canal Une politique… par GroupeXerfi

La politique de l’offre pourrait détruire 60.000 emplois

4398365_6_bb7f_la-deputee-valerie-rabault-aux-universites_370dfde8114ee36cef8aef6941d81cb2Comme je vous le disais en introduction la baisse des dépenses publiques a un impact récessif indiscutable sur la croissance, pour autant toutes les économies réalisées dans le cadre d’un programme d’austérité ne se valent pas. Ainsi lors d’une baisse de l’investissement public l’effet négatif est bien plus marqué que lorsque qu’il s’agit d’une baisse des dépenses de fonctionnement ou des prestations versées aux ménages. D’après les éléments en possession de Mme Rabault la baisse des dépenses de fonctionnement de l’État devrait participer pour 18 milliards d’euros aux économies escomptées. Cette baisse de dépenses publiques qui aura un impact négatif sur la croissance devrait être compensée en partie par le soutien accordé aux ménages et aux entreprises dans le cadre du pacte de responsabilité et de solidarité, ainsi en 2017 le montant déboursé pour les entreprises sera de 41 milliards d’Euros, et de 20,9 Milliards d’Euros pour les ménages sous la forme d’allègements de cotisations salariales sur les bas salaires, mesure sur la baisse du barème de l’impôt sur le revenu. L’ensemble des dépenses liées au pacte de responsabilité et de croissance devrait rehausser l’activité de 0,6 point de croissance d’ici 2017 et créer 190.000 emplois compensant en partie la destruction des 250.000 emplois évoqués plus haut. Ce qui laisserait un déficit de 60.000 postes note la députée. Pour autant les syndicats mettent la pression sur le gouvernement en mettant en avant l’exemple de Total qui aura touché pas loin de 20 millions d’euros, ce qui n’a pas empêché la plus grosse capitalisation du CAC 40 de licencier des milliers d’employés.

Des chiffres contestés et un changement de communication

Michel-SapinBien que l’impact mesuré du plan d’économies, une mesure phare du mandat hollande soit récessif d’après la députée socialiste Valérie Rabault. Elle le valide malgré tout dans son rapport sur la stratégie économique du gouvernement. Car il permet de réduire la pression en soulageant la charge de la dette Française qui deviendrait en l’absence de mesures de réduction des déficits publics, insurmontable à court terme. En effet depuis l’annonce de cette mesure le taux d’emprunt de la France n’a jamais été aussi bas, signe que les marchés approuvent les efforts entrepris par le gouvernement pour relancer la compétitivité de l’économie Française. L’objectif poursuivi est de miser sur une reprise de l’économie française progressive grâce à la maitrise des dépenses publiques plutôt que par une nouvelle hausse des prélèvements». Le Ministre de l’Économie et des Finances Michel Sapin conteste les chiffres avancés, et a qualifié lundi de «calculs en chambre, extrêmement théoriques». «Elle s’appuie sur une évaluation de la Direction générale du Trésor qui se fonde sur des hypothèses de ce que pouvait être le plan d’économies» en janvier, lorsqu’il a été rendu public, explique-t-il. Pour le chef de Bercy, il est impossible d’évaluer avec précision l’impact de cette politique de l’offre tant que le Budget 2015 ne sera pas établit.


Conclusion

Il semblerait que le gouvernement ait opté pour un changement de sa communication tout d’abord en minimisant les contreparties demandées aux entreprises et maintenant par rapport au nombre d’emplois crées par le CICE, qui jusqu’alors devait créer plus de 300.000 emplois. L’accent est désormais mis sur la possibilité faites aux entreprises de pouvoir investir plus facilement grâce aux allègements de charges. Car bien que cela puisse doper leur compétitivité, il n’en reste pas moins que cette politique de l’offre est confronté à une demande faiblissante, car le pouvoir d’achat des consommateurs Français reste relativement faible.

 

 

 

 

 

 

 

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4 Comments
  1. Ludovic

    9 septembre 2014 at 9 h 17 min

    On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif, une entreprise n’embauche du nouveau personnel seulement lorsque le besoin s’en fait sentir, cadeau fiscal ou pas.

  2. Michel

    9 septembre 2014 at 9 h 20 min

    J’ai bien peur que la spirale déflationniste qui guette la zone euro n’arrange pas la situation de la france pour l’emploi. Il faudrait de véritables réformes en profondeur pour relancer la demande, le pouvoir d’achat ne cesse de baisser en France, et les entreprises le ressentent les marges baisses les carnets de commandes sont vides, la crise est loin d’être passée. Nos politiques doivent repenser notre modèle économique basé sur la croissance à 70% pour un modèle fonctionnant avec un croissance molle.

  3. Edouard

    9 septembre 2014 at 11 h 06 min

    On ne peut que saluer l’effort de ce gouvernement le plus impopulaire de tous les temps, ils devraient justement en profiter pour réformer vraiment, vu que leurs mandats risquent de ne pas être reconduits la France en a vraiment besoin. Sinon j’ai bien peur que nous ne nous en relevions pas.

  4. Appoline

    10 septembre 2014 at 11 h 27 min

    Toujours plus de cadeaux aux entreprises, le CICE est le plus gros cadeau fiscal de ces trente dernières années, la politique de l’offre c’est bien mais sans demande ça sert pas à grand chose. Maintenant on apprend que cela va détruire des emplois, j’avoue que j’ai du mal à suivre les politiques, alors que le FMI milite pour moins d’austérité et que la BCE aussi y va de son couplet adressé aux allemands pour stimuler la demande… à n’y rien comprendre…

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