Bulles, crise et finance casino, état des lieux du marché boursier

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bulles financièresPour quiconque a étudié un tant soit peu l’histoire des marchés financiers, jalonnés de paniques, de bulles boursières et de crises. Force est de constater que la leçon à retenir est que les banquiers ne résolvent jamais eux-mêmes les crises qu’ils ont provoquées, ils préfèrent laisser cela à d’autres, notamment les politiques et les gouvernements. Dès lors comment s’étonner que la patate chaude de la catastrophe financière soit refilée aux tranches les plus fragiles de la société. Ce qui me fait dire que les solutions utilisées pour le traitement des crises sèment inévitablement les graines de la future crise. Je vous propose dans cet article en deux parties de faire un état des lieux du marché boursier, alors que le premier trimestre 2015 s’achève aujourd’hui.

Marée du siècle et alignement des planètes

chateau de cartesEn effet ces derniers mois, tous les analystes financiers parlent du fameux alignement des planètes favorables à une reprise de l’économie mondiale. Pour autant, cet enthousiasme tend à se calmer et certains commencent déjà à exprimer leurs préoccupations sur l’ampleur et l’existence de bulles sur certaines classes d’actifs. Pêle-mêle on peut citer la hausse faramineuse des prix de l’immobilier dans plusieurs capitales européennes, Londres en tête. Ou encore les records sans cesse battus par Wall Street, notamment sur le Nasdaq dopé par l’appétit du risque sur les obligations d’entreprise très recherchées par des investisseurs. Tous les symptômes indiquent que nous nous trouvons de nouveau au milieu d’une frénésie spéculative majeure. Une situation paradoxale car nombreux sont à penser que nous ne sommes pas encore sortis de la crise de 2008, alors comment expliquer que nous soyons de nouveau dans un marché de bulles, une sorte de capitalisme casino d’un genre nouveau dont on pressent que la prochaine crise qui frappera sera d’une puissance dévastatrice jusqu’alors inconnue.

Marché boursier une résilience exceptionnelle

Si l’on essaie de comparer la valorisation des actifs par rapport aux fondamentaux de l’économie réelle, un seul constat peut être effectué le prix des actifs boursiers est totalement déconnecté de leur valeur réelle. Pourtant, le système tient toujours n’en déplaise aux Cassandre annonçant une crise d’une ampleur biblique mettant enfin un terme au capitalisme de casino. C’était sans compter sur la volonté des différentes banques centrales de produire de l’inflation artificiellement en reflatant le prix des actifs. Ces politiques proactives ont atteint leur but au-delà des espérances, créant une nouvelle série de bulles énormes dans l’immobilier, les actions et les obligations. Alors que le commun des mortels s’embourbe dans la stagnation du siècle, les bonus des traders s’envolent de nouveau à Wall Street et à la City.

Sommes-nous réellement sortis de la crise de 2008

Les causes de la crise financière de 2008 n’ont jamais été vraiment abordées. Des politiques ont renfloué les banques insolvables avec l’argent du contribuable, endettant lourdement les états. Tandis que les Banques centrales ont injectés des milliers de milliards de dollars dans le système financier. Avec pour résultat un formidable excédent d’argent mis à la disposition du secteur financier, tandis que les petites entreprises et les PME du monde réel ont de graves difficultés à se financer à travers le crédit. Pour les traders des fonds de pension ou des banques d’investissement cet excédent de capital doit forcément s’investir de la même manière qu’ils l’ont toujours fait : en recherchant les meilleurs rendements possibles. Et tant que la demande reste faible et la croissance atone, les rendements dans les investissements productifs de l’économie réelle ne seront pas très attrayants. Les investisseurs se sont donc tournés vers les placements spéculatifs à haut risque/haut gain, à l’origine de la crise financière de 2008.

Le cas atypique du marché d’obligations souveraines

dettes-souveraines-quelles-solutions-L-e134NMLes mêmes causes produisent les mêmes effets, et aujourd’hui les marchés obligataires sont de nouveau chauds bouillant, et ce trois années seulement après la plus grande restructuration de dette souveraine de l’histoire au bénéfice de la Grèce. 80 % des opérateurs des fonds mondiaux d’obligations ont exprimé leur inquiétude sur le fait que les obligations sont actuellement «plus surévaluées que jamais et que les obligations d’État sont la classe d’actifs la plus surévaluée de toutes». Pointant un doigt accusateur vers les banques centrales et leurs politiques monétaires non conventionnelles, ayant réussi la performance de transformer le marché d’obligations d’État connu pour être un marché calme, a un marché attractif ayant englouti 2000 milliards de dollars malgré les rendements négatifs. Même dans la crise des années 1930, les taux d’intérêt ne sont jamais tombés en dessous de zéro. Sommes-nous arrivés à cette chose rare, une bulle du marché obligataire ? C’est ce que je vous propose de découvrir demain dans la deuxième partie de cet article.

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2 Comments
  1. Sovanna Sek

    1 avril 2015 at 15 h 37 min

    Bonjour Julie,

    Les mesures prises par les banques centrales ne font qu’entretenir une illusion de croissance qui existe sur le papier en faisant flamber les actifs financiers.

    Personnellement, je ne vais pas me plaindre car mon portefeuille actions en bénéficie à moitié. Cependant, le monde réel ne voit rien du tout car les QE fonctionnent en circuit fermé au profit du système financier.

    Cordialement.

  2. julie

    1 avril 2015 at 21 h 50 min

    le systeme est fou

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