Pourquoi la bulle obligataire inquiète les marchés 

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On n’en parle pas encore, mais il y a un sujet qui préoccupe bien plus les opérateurs en matière d’analyse fondamentale que les petits problèmes de dette tels que la Grèce ou des évènements mineurs tels que le Brexit qui n’ont en réalité qu’un impact très limité sur les marchés. C’est la bulle obligataire qui s’installe depuis une dizaine d’années et qui pourrait donner quelques signes de dégonflement imminent.

Pour rappel, dans une économie purement capitaliste, on prête de l’argent en espérant retrouver un rendement derrière tout cela. Ces prêts sont émis sous forme d’obligation pour les états,dont le financement se fait par le rachat de ces obligations. En temps normal, cela ne pose pas de problème car les obligations ont un taux positif. Le prêteur est donc rémunéré. Mais depuis 12 mois, les rendements des obligations ont fortement chuté. Au point que les obligations long terme affichent des taux d’intérêts négatifs.

Ce qu’implique un taux d’intérêt négatif

Le problème des taux d’intérêts négatifs, c’est que c’est contraire aux principes fondamentaux du capitalisme. Ici, c’est le prêteur qui doit payer pour prêter de l’argent. Vous vous rendez compte de l’énormité de la situation ? Personne n’accepterait de payer pour prêter de l’argent, absolument personne.


source: tradingeconomics.com

Et la tendance à la baisse n’est pas que récente car elle dure depuis bien avant 1981. Mais seulement, à partir de 2015, les taux d’intérêts sont devenus négatifs. Bien sûr, pour comprendre pourquoi les taux d’intérêts sont si bas, il faut aussi avoir un oeil sur l’inflation en Europe et au Japon particulièrement. Les deux zones économiques étant quasiment à plat au niveau de l’inflation, mais pas en déflation. Les taux d’intérêts des dettes souveraines sont en-dessous du niveau d’inflation, ce qui implique que la perte dans le temps est bien réelle pour le prêteur.

Ici, on est beaucoup plus dans la spéculation. L'emprunteur emprunte mais espère récupérer un bénéfice sur la valeur faciale de ces obligations, au lieu de les garder jusqu’à expiration, d’où une baisse sûre et lente de ces obligations.

Les obligations sont entrées dans un nouveau record en plongeant pour la première fois sous zéro de toute l’histoire financière mondiale. Nous sommes dans une énorme bulle obligataire qui risque à tout moment de s’effondrer par manque de liquidités, et cela commencera par le Japon, car c’est le pays le plus fragile fondamentalement.

 

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Un conseiller vous contactera pour vous expliquer comment se positionner sur la bourse.

3 Comments
  1. Philippe

    28 juillet 2016 at 13 h 25 min

    Ce billet met le doigt sur un phénomène dont on se garde bien de parler. Charles Ponzi et Madoff sont des amateurs comparés aux banquiers centraux et leur bulle obligataire

  2. Axel

    28 juillet 2016 at 13 h 36 min

    Avec 100 trillions de dollars d’obligations et plus de 555 trillions de dollars de produits dérivés basés sur les obligations. Cette bulle est bien la mère de toutes les bulles. A titre de comparaison le marché des swaps de défaut de crédit qui a failli plomber le système financier en 2008 ne représentait que 10% de cette mega-bulle obligataire, soit 50 à 60 trillions de dollars. Quand cette bulle éclatera, 2008 prendra des airs de promenade de santé…

  3. Christian

    2 août 2016 at 13 h 33 min

    Le montant des obligations d’état à taux négatifs ne cessent d’augmenter, il représente 20% des dettes d’état. Bill Gross le gourou de Pimco ne cesse de tirer la sonnette d’alarme en vain

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