48 Heures, 2 dévaluations du Renminbi face au dollar

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1-5224-e45d9C’est un véritable coup de tonnerre, voir un double coup de tonnerre qui secoue les marchés, après la décision de la Chine de dévaluer le Yuan, le fameux renminbi, la devises officielle de la République Populaire de Chine. À la différence des États-Unis ou de la zone euro qui laissent le niveau des changes s’établir librement, la Chine établit administrativement chaque matin un cours pivot autour duquel sa monnaie ne pourra pas varier de plus de 2 %, à la hausse ou à la baisse. Pour établir ce cours avant chaque séance, l’autorité des changes interroge les grosses mains du marché et suit l’évolution des principales devises. La Chine a abaissé de nouveau fortement mercredi le taux de référence du yuan face au dollar, pour le deuxième jour consécutif, accentuant la dévaluation de la monnaie chinoise. Cette décision est destinée à stopper le ralentissement de l’activité économique du Dragon asiatique, notamment en relançant son commerce extérieur en difficulté. Une décision qui survient après une série d’indicateurs macroéconomiques décevants, et notamment une chute des exportations en juillet, ramenant le Renminbi vers son plus bas niveau en près de trois ans. Je vous propose dans cet article intitulé 48 Heures, 2 dévaluations du Renminbi face au dollar, de découvrir ce que signifie cette dévaluation du Yuan chinois pour les marchés boursiers.

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Assiste-t-on aux prémices d’une guerre monétaire ?

1200x-1La banque centrale chinoise (PBOC) a abaissé à 6,3306 yuans pour un dollar, contre 6,2298 yuans mardi, le taux-pivot autour duquel le renminbi (autre nom du yuan) est autorisé à fluctuer, au sein d’une fourchette journalière de 4%, soit 2 % à la hausse et à la baisse. La politique du yuan fort, destinée en partie à soutenir la consommation intérieure et à aider les entreprises à investir à l’étranger, pénalise les exportateurs chinois. Les chiffres publiés dernièrement ont confirmé la mollesse de la demande européenne, avec en Mars, une première baisse des exportations vers les États-Unis, première source de revenu pour les exportateurs chinois. Les exportations chinoises se sont effondrées de 8.3 % sur un an en juillet, pénalisées par le niveau élevé du yuan en particulier face à l’euro et au yen. La banque centrale chinoise avait averti mardi que cette soudaine baisse du niveau du yuan était « une action unique » et ne se répéterait pas, car reflétant simplement une nouvelle façon de le calculer, en tenant davantage compte des fluctuations de l’offre et de la demande sur le marché.

Le yuan vise l’entrée dans le club des devises mondiales de référence

Le-FMIDe fait, pour les analystes, la décision chinoise pourrait être liée à la volonté de Pékin de voir le yuan rejoindre le club fermé des 4 monnaies mondiales de référence. Pékin ambitionne ainsi d’élargir l’usage de sa monnaie hors de ses frontières en obtenant son inclusion dans les Droits de tirage spéciaux (DTS), l’unité de compte du Fonds monétaire international actuellement composé du dollar US, de l’euro, de la livre Anglaise et du Yen Japonais. Le FMI, qui se prononcera en novembre, a salué une « étape positive » après la première dévaluation, tout en affirmant que ces mesures n’auront pas « d’implication directe » sur sa décision. Mais le Fonds, a récemment clarifié ses conditions : la monnaie chinoise doit ainsi évoluer en fonction des fluctuations du marché et doit être « librement utilisable ». De leur côté, les États-Unis ont réagi mardi avec la plus grande prudence à la dévaluation, qui risque de plomber leurs exportations mais qui répond en partie à leurs exigences sur la convertibilité du yuan. Les sentiments sont mitigés car la Chine comme je l’ai évoqué précédemment est un gros consommateur de matières premières, dès lors les pays exportateurs dont de nombreux émergents voient d’un mauvais œil, cette dévaluation qui est un aveu du ralentissement chinois. Alors que se profile en septembre la baisse probable de la réserve fédérale américaine.

Conclusion

Les stratégistes attirent l’attention sur le fait que : « la demande chinoise représente désormais plus de 40 % de la consommation industrielle mondiale de métaux. Ainsi, plus de 20 % de la consommation de matières premières alimentaires et 20 % de la consommation d’énergie non renouvelable comme le charbon et le pétrole sont engloutis par le dragon Chinois. Mais, les effets de la décision des dirigeants politiques de la Chine ayant cherché à ralentir le marché immobilier, notamment en réduisant l’expansion du crédit et en abaissant le taux de croissance des investissements corporels. Une décision du pouvoir qui a eu un impact fort sur la demande du pays en matières premières qui était déjà en phase de ralentissement. Dès lors on peut parler d’atterrissage brutal de l’économie chinoise.

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6 Comments
  1. Greg

    12 août 2015 at 17 h 51 min

    Ce coup de semonce devrait en faire réfléchir plus d’un sur la nature des marchés aujourd’hui, ou les banques centrales règnent en maitres

  2. daniel

    12 août 2015 at 17 h 56 min

    ca doit pas mal phosphorer du coté de la FED, le coup de Trafalgar de la BOPC risque de donner des cauchemars a Me Yellen et ses acolytes

  3. thomas

    12 août 2015 at 17 h 57 min

    J’ai oublié de qui est le théorème qui dit que tout ce qui doit mal se passer arrive toujours. comment ne pas y penser lorsque l’on songe a la remonté des taux américains, la chine est un imprévu de taille

  4. Fabrice

    12 août 2015 at 18 h 14 min

    L’on peut dire adieu à la normalisation sérieuse de l’économie sérieuse de léconomie us, meme si remontée des taux il y a elle sera brève et on fera machine arrière avec un QE4 si la chine dévalue encore

  5. Alain

    12 août 2015 at 18 h 32 min

    Ouch!! -3.4% sur le cac, les investisseurs suréagissent toujours, la Chine n’est pas finie loin de là, et de toute façon elle aussi va sortir l’imprimante….

    • Quentin

      13 août 2015 at 16 h 11 min

      exactement ce à quoi je pense, mais on s’attend à tous avec les chinois car ils n’aiment pas perdre la face (voir mon article dans « analyses techniques » j’en parle)

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